Jean-Pierre Farandou,
Ministère du travail et des solidarités •
14 avr. 2026La revalorisation des petites retraites prévue par la loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, portant réforme des retraites, est une mesure exceptionnelle destinée à améliorer le pouvoir d'achat des retraités modestes. Elle est servie sous réserve que la pension de vieillesse ait été liquidée à taux plein et que l'assuré ait réuni au cours de sa carrière au moins cent vingt trimestres cotisés à sa charge. Ces deux critères d'éligibilité sont également ceux du minimum de pension du régime général, appelé minimum contributif majoré, dont ils s'inspirent eu égard à la finalité de ces deux dispositifs et à leur nature précisément contributive. Il n'est pas prévu de modifier les critères d'éligibilité de cette mesure exceptionnelle. Toutefois, les travailleurs handicapés bénéficient de mesures dérogatoires au droit commun, dont certaines sont issues de la même récente réforme des retraites. Aussi un travailleur handicapé peut-il bénéficier d'une retraite automatiquement calculée à taux plein avant l'âge légal de départ à la retraite, appelée retraite anticipée pour les travailleurs handicapés. Le montant de cette retraite fait l'objet d'une majoration, si l'assuré handicapé ne justifie pas de la durée d'assurance requise pour bénéficier d'une retraite non proratisée. La retraite anticipée étant calculée à taux plein avant l'âge légal de départ à la retraite quelle que soit la durée d'assurance de l'assuré, son montant peut être porté au minimum contributif, voire à celui du minimum contributif majoré s'il justifie de cent vingt trimestres cotisés à sa charge. Enfin, pour bénéficier de cet âge de départ anticipé et d'une pension calculée à taux plein et non proratisée, l'assuré peut demander la reconnaissance rétroactive d'une partie des périodes de handicap par une commission nationale spécialisée. Les conditions d'accès à cette commission ont été assouplies par la réforme des retraites de 2023. Ces mesures sont destinées à tenir compte de l'impact du handicap sur la vie professionnelle et à lutter contre la pauvreté à la retraite des assurés en situation de handicap. Enfin, les personnes âgées modestes peuvent demander à bénéficier de l'allocation de solidarité aux personnes âgées, dont l'âge pour en demander le bénéfice est abaissé à 62 ans (au lieu de 65 ans) pour les personnes reconnues inaptes au travail, notamment celles qui bénéficient d'un départ anticipé pour invalidité à 62 ans.