Édouard Geffray,
Ministère de l’éducation nationale •
28 oct. 2025Le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, publié au BOENJS du 6 février 2025, se décline en deux volets : « l'éducation à la vie affective et relationnelle » à l'école maternelle et élémentaire et « l'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité » au collège et au lycée. Il s'inscrit dans une vision égalitaire et respectueuse et en cohérence avec de nombreux textes internationaux (comme la convention internationale des droits de l'enfant) et le cadre législatif français (notamment le code pénal). Le programme d'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité ne promeut aucune idéologie. Il définit une progression adaptée à l'âge et à la maturité des élèves, en différenciant, pour chaque niveau, les objectifs d'apprentissages et les notions et compétences à acquérir. Ce programme d'éducation est équilibré et a fait l'objet d'un vote unanime au conseil supérieur de l'éducation, il n'est donc pas envisagé de le modifier. L'éducation à l'égalité et le travail autour des représentations stéréotypées, notamment de genre, commence dès les premières années de scolarité et le programme d'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité s'inscrit dans cette démarche. Concrètement, à partir de 5 ans, les élèves sont amenés à identifier les ressemblances et différences physiques entre filles et garçons, par exemple à travers des albums de littérature jeunesse. Par ailleurs, des études scientifiques ont montré que la cour de récréation est souvent un espace d'appropriation genrée, ce qui peut engendrer une forme de ségrégation. Le programme encourage donc les équipes pédagogiques à mener des actions visant une répartition plus égalitaire de ces espaces et des jeux collectifs. À l'école élémentaire, les élèves apprennent à définir et repérer les stéréotypes, notamment de genre, tout en prenant conscience que ceux-ci varient selon les époques et les sociétés. L'analyse critique de ces stéréotypes, appuyée par des travaux scientifiques, permet de comprendre comment ils peuvent nourrir des préjugés et engendrer des discriminations. L'éducation à la vie affective et relationnelle contribue ainsi à promouvoir le respect d'autrui, à développer une réflexion critique et à lutter contre les violences et inégalités liées au genre. Au collège, dès la classe de 5e, le programme d'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité vise à ce que les élèves identifient clairement ce qui relève de la détermination du sexe biologique, du genre et de l'orientation sexuelle dans le but de faire reconnaitre l'importance de la diversité et de la non-discrimination. Puis, en classe de 3e le programme prévoit que les élèves soient en capacité d'identifier les situations de violence sexuelle fondées notamment sur le sexe, l'orientation sexuelle, l'identité de genre ou l'état de santé, conformément à l'article 225-1 du code pénal. Au lycée, cette éducation approfondit la compréhension des différences biologiques entre les sexes, tout en soulignant qu'elles ne déterminent pas à elles seules les comportements, rôles et expressions de genre. Elle vise également à favoriser le respect de chacun, la compréhension des enjeux sociaux et juridiques, et à lutter contre les violences et stigmatisations fondées sur le sexe, l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Ainsi, le programme n'incite en aucune façon à des changements d'identité de genre, mais favorise le respect des différences et la compréhension des droits individuels, contribuant ainsi aux politiques de lutte contre les discriminations, comme précisé dans la circulaire du 20 juin 2023. Les stéréotypes, notamment de genre, sont par ailleurs étudiés dans d'autres programmes, par exemple celui d'enseignement moral et civique. Cette étude contribue à la mission de l'École de transmission des valeurs de la République, dont l'égalité filles-garçons fait partie. Le programme d'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité ne cherche donc pas à véhiculer une image négative sur la fémininité ou la masculinité mais encourage une vision égalitaire et respectueuse contribuant à ce titre à lutter contre les violences sexistes et sexuelles.