Afin de sortir des énergies fossiles, la France a besoin de soutenir le développement de l'ensemble des vecteurs énergétiques décarbonés : nucléaire et renouvelable. Il nous faut également produire plus d'électricité pour décarboner nos usages. L'électricité renouvelable produite par les éoliennes terrestres est indispensable afin d'atteindre nos objectifs en matière de production décarbonée (la loi énergie-climat de 2019 donne pour objectif de porter à 40% la part des énergies renouvelables dans le mix de production électrique en 2030) ainsi que pour notre sécurité d'approvisionnement électrique puisqu'il s'agit de la troisième source de production d'électricité. Le parc éolien français représente au 31 décembre 2024 23,5 GW de puissance installée. La filière est en outre très compétitive puisqu'elle représente des recettes nettes pour l'État lorsque les prix de l'électricité sont élevés et, il est estimé, qu'en 2025, elles contribueraient faiblement (15 %) aux charges prévisionnelles liées au soutien aux énergies renouvelables électriques, pour la moitié des volumes soutenus [1]. Le développement des parcs éoliens terrestres est encadré par une réglementation stricte et précise. Les projets autorisés respectent les prescriptions du droit de l'environnement et sont analysés au titre des ICPE, En particulier, la construction d'une éolienne de plus de 50 mètres de hauteur est soumise à autorisation environnementale. L'objectif de cette autorisation est de s'assurer que le projet ne créera pas d'impacts ou de risques importants pour le confort des populations, leur santé et leur sécurité, mais aussi pour la nature et l'environnement. Les impacts sur le voisinage, le paysage et la biodiversité sont ainsi examinés par le pétitionnaire dans le cadre d'une étude d'impact. Chaque projet fait l'objet d'une analyse spécifique au regard de ses caractéristiques, de son contexte d'implantation et des enjeux locaux. En application de l'article L. 162-3 du code de l'environnement, l'exploitant doit mettre en œuvre des mesures de prévention afin d'empêcher la réalisation de dommages environnementaux (mesures d'évitement) ou d'en limiter les effets (mesures de réduction). Par exemple, la société Parc Eolien des Chenaies Hautes prévoit notamment un aménagement arboré, au niveau de la butte de Puyrolland pour diminuer la visibilité du projet. Ces mesures développées dans l'étude d'impact sont opposables à l'exploitant et peuvent être prescrites et complétées par le Préfet, si le contexte l'impose, dans un arrêté préfectoral. En complément, pour assurer la sécurité des riverains et limiter les nuisances des parcs (notamment les nuisances acoustiques et stroboscopiques), l'implantation d'éoliennes est soumise à une distance d'éloignement minimale de 500 mètres vis-à-vis des habitations. Pour chaque projet, cette distance minimale d'éloignement est toutefois appréciée au cas par cas au regard de l'étude d'impact et de l'étude de dangers, figurant dans le dossier d'autorisation. Le préfet peut ainsi imposer une distance d'éloignement supérieure, sur la base d'éléments objectifs figurant dans ledit dossier. De plus, l'éolien terrestre participe à l'activité et à l'attractivité économiques. L'installation d'un parc éolien terrestre sur un territoire s'accompagne de l'émergence de projets locaux financés en partie par le développeur : réhabilitation des bâtiments publics et touristiques, réfection des routes et des chemins, etc. Par ailleurs, les installations éoliennes génèrent différents revenus fiscaux, au titre des taxes foncières, de la cotisation foncière des entreprises, et surtout de l'Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER). Le tarif de l'IFER éolien est fixé pour l'année 2024 à 8360 € par MW de puissance électrique installée au 1er janvier de l'année d'imposition, et son produit est réparti entre les communes, EPCI et département d'implantation d'un parc d'éoliennes. Cela représente des ressources fiscales moyennes entre 120 000 € et 400 000 € par an et par parc, selon sa taille. Il s'agit de recettes non négligeables, en particulier pour des collectivités rurales. Enfin, dans le cadre de la planification territoriale des énergies renouvelables, et à l'initiative des parlementaires, la loi APER prévoit, dans son article 15, la mise en place d'une planification ascendante des énergies renouvelables sur le territoire français. Cet article demande aux communes de définir des « zones d'accélération » des énergies renouvelables. L'enjeu est que ces zones soient suffisamment grandes pour atteindre les objectifs énergétiques fixés aux différents niveaux (national, régional, local…), tout en laissant aux communes la possibilité de proposer les zones qu'elles jugent préférentielles et prioritaires pour le développement des énergies renouvelables. Ainsi, les développeurs sont incités à se diriger vers ces zones qui laissent présager une bonne acceptabilité locale du projet, ce qui permet d'éviter des contentieux entre des opérateurs privés et les acteurs locaux. [1] https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Deliberations/2025/250710_2025-180_CSPE_2025-2026.pdf