Gérald Darmanin,
Ministère de la justice •
26 mai 2026Le ministère de la Justice et la direction générale de l'administration pénitentiaire (DGAP) sont pleinement mobilisés afin de garantir la sécurité et l'intégrité physique des personnes dont elle a la charge, qui est la priorité de l'administration pénitentiaire. Le nombre de faits de violence entre personnes détenues a augmenté, passant de 11 698 en 2022 à 16 919 en 2025, même s'il convient de les corréler à l'augmentation et aux variations de la population pénale sur la période. En effet, le nombre de personnes détenues en France est passé de 72 836 au 1er décembre 2022, à 86 229 en 2025 à la même date. En 2025, 6 décès pour « mort violente » ont été recensés. Depuis 2023, la direction générale de l'administration pénitentiaire (DGAP) déploie un plan national de lutte contre les violences (PNLV), destiné notamment à prévenir la survenue de tels événements. Ce plan d'action national, décliné au niveau interrégional puis local, vise à donner aux personnels des outils de prévention et de lutte contre les situations génératrices de violences. Par ailleurs, la DGAP, sous l'impulsion du garde des Sceaux poursuit une politique d'affectation des personnes détenues vers des régimes de détention adaptés à leurs profils, à leurs besoins, ou spécialisés dans un type de prise en charge spécifique. Il peut être sécuritaire, à l'image des quartiers de lutte contre la criminalité organisée, des unités pour détenus violents ou des quartiers de prise en charge de la radicalisation. Il peut également tendre vers des régimes d'autonomie préparant à la sortie. L'objectif est d'envisager la sécurité pénitentiaire à partir de l'évaluation et de l'analyse du profil de chaque personne détenue afin d'adapter la prise en charge à son niveau de dangerosité pénitentiaire. De plus, l'inspection générale de la Justice (IGJ) a mené en 2022 des missions d'inspections de fonctionnement visant à produire des recommandations pour la DGAP s'agissant des décès survenus par mort violente. Les services de la DGAP ont décliné ces travaux en fiches Alertes à destination des directeurs interrégionaux, concernant les écarts constatés avec la règlementation créant un risque, dans un objectif de prévention et de maitrise des risques. Des notes nationales sont diffusées pour apporter les correctifs nécessaires aux situations faisant l'objet de recommandations. La nouvelle Inspection générale de l'administration pénitentiaire (IGAP), créée le 1er février 2026, constitue également un acteur de la prévention et de la postvention des décès survenant en détention. Elle participera à la construction des politiques publiques en la matière, promouvant notamment les bonnes pratiques des établissements et des personnels. Par ailleurs, le ministère de la Justice cherche des solutions afin de développer de nouvelles alternatives à l'incarcération des peines. Les Etats généraux de l'insertion et de la probation, dont la mise en œuvre a été confiée à l'inspection générale de la Justice (IGJ), ont été lancés le 24 juin 2025, dans l'objectif de faire émerger des pistes concrètes pour renforcer l'accompagnement des PPSMJ, l'efficacité, la lisibilité et la crédibilité de peines, ainsi que travailler pour la réinsertion et contre la récidive. Le rapport des EGIP, remis le 13 février 2026, synthétise l'ensemble des propositions évoquées et les principales préconisations à retenir. Afin d'impulser une dynamique nouvelle en matière d'alternative à l'incarcération, la proposition d'une peine unique de probation, regroupant toutes les peines de milieu ouvert, à l'exception de celles exécutées sous écrou, figure dans ce rapport. Ainsi, le sursis probatoire, le travail d'intérêt général, les stages, la détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE) -peine disparaitraient en tant que peines principales en faveur d'un sursis probatoire renforcé. Cette peine de probation se traduirait également par une approche collaborative plus forte entre le SPIP et les magistrats, en lien avec les besoins identifiés de la personne suivie. A la suite de ces travaux, le Premier ministre a confié au sénateur Monsieur Louis VOGEL une mission visant à analyser, approfondir et évaluer la mise en œuvre de ces recommandations et à travailler à leur traduction sur le plan législatif ou règlementaire. Ses conclusions doivent être rendues pour la fin du premier semestre 2026.