La direction générale de l'administration pénitentiaire (DGAP) est pleinement mobilisée, en collaboration avec ses partenaires institutionnels et associatifs, pour œuvrer à la réinsertion des personnes placées sous main de justice (PPSMJ), dans un objectif de lutte contre la récidive. L'offre d'activités proposée aux PPSMJ s'accroit et se diversifie, tant sur le travail, la formation professionnelle, l'enseignement que sur les activités socioculturelles et sportives. Cette dynamisation des actions proposées repose en partie sur des appels à projets nationaux dont les budgets sont régulièrement augmentés. Ainsi, en 2025, 533 projets d'accompagnement des PPSMJ ont été retenus et cofinancés par la DGAP, contre 393 en 2024. Cette politique volontariste se construit pleinement en lien avec la société civile et un réseau large de partenaires nationaux (Secours Catholique, musée du Louvre, fédérations sportives, etc.). Chaque année la réalisation de nouvelles conventions étoffe le réseau partenarial de la DGAP, composée aujourd'hui de plus de 70 associations ou fédérations nationales. Le développement des activités rémunérées en détention (travail et formation professionnelle) est essentiel pour conférer à la peine une dimension utile et structurante. En complément, différents dispositifs d'accompagnements à la construction et à la mise en œuvre du projet professionnel sont proposés tout au long de la détention. Ils peuvent prendre la forme d'un appui à l'orientation et à la construction du projet professionnel, mobilisant les partenaires du Programme personnalisé d'accompagnement à l'insertion professionnelle financé par le ministère de la Justice (15 000 personnes détenues accompagnées par an). Ils consistent également en l'intervention en détention, comme en milieu ouvert, des acteurs du service public de l'emploi (France Travail et réseau des missions locales), qui ont accompagné 18 700 personnes en 2024, soit 30 % des sortants de détention sur l'année. Les leviers d'insertion professionnelle déployés en détention sont ainsi articulés dans une logique de parcours, dès l'arrivée en détention. Un diagnostic socioprofessionnel systématique à l'arrivée en maison d'arrêt ou quartier maison d'arrêt est en cours de déploiement dans le cadre du processus arrivant. Celui-ci vise à établir une photographie des compétences et de la situation professionnelle de la personne ; à permettre une prise en compte rapide de ces enjeux par les conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP) dès le début de la prise en charge et à favoriser la mobilisation de la personne autour de son projet professionnel. Opéré par des professionnels de l'insertion de l'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes, ce diagnostic devrait être opérationnel dans les 117 sites concernés d'ici septembre 2026. En parallèle, la DGAP est pleinement mobilisée pour permettre l'accès des sortants de détention à des structures de prise en charge adaptées à leurs profils et besoins. Ainsi, un travail est engagé avec la direction générale de la cohésion sociale et les fédérations d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) pour faciliter l'accueil des personnes en situation de dépendance à leur sortie de prison. Enfin, s'agissant des renforts des moyens des services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP), l'administration pénitentiaire a significativement renforcé les effectifs de la filière insertion et probation. Ainsi, en 2025, 112 CPIP supplémentaires ont été recrutés. Par ailleurs, au 1er janvier 2025, un CPIP suit en moyenne 65 personnes, contre 81 au 1er janvier 2018, ce qui marque une amélioration significative de la charge de suivi. Afin d'analyser l'évolution et les missions des SPIP au sein de la chaîne pénale, les États généraux de l'insertion et de la probation (EGIP) ont été lancés le 24 juin 2025. Ils ont réuni des agents de l'administration pénitentiaire, des personnels exerçant en juridiction, des partenaires institutionnels et associatifs, les représentants des organisations syndicales, des chercheurs et des élus. Le rapport des EGIP a été remis le 13 février 2026 et synthétise l'ensemble des propositions évoquées et les principales préconisations à retenir, parmi lesquelles figurent, entre autres, le renforcement de la place des SPIP avant, pendant et après le jugement et la création d'un référentiel national d'évaluation pour mesurer le risque de récidive. A la suite de ces travaux, le Premier ministre a confié à Monsieur le sénateur Louis Vogel une mission visant à analyser, approfondir et évaluer la mise en œuvre de ces recommandations et à travailler à leur traduction sur le plan législatif ou règlementaire dont les conclusions seront rendues prochainement.