Catherine Pégard,
Ministère de la culture •
21 avr. 2026Parmi les problématiques relatives aux questions de demandes de restitution de biens appartenant aux collections publiques françaises, celles concernant les restes humains présentent des spécificités en raison de leur nature particulière et notamment demandent un traitement adapté au légitime respect de la dignité de la personne humaine. Après la loi n° 2023-1251 du 26 décembre 2023 relative à la restitution de restes humains appartenant aux collections publiques, adaptée à un enjeu de relations internationales, le ministère de la culture est tout à fait attentif aux cas portant sur les restes humains issus de l'Outre-mer et de l'Hexagone, les sachant sensibles et urgents pour les personnes qui sont dans l'attente de pouvoir récupérer les restes de leurs ascendants, actuellement conservés dans des collections publiques, afin d'être en position de pourvoir à leurs funérailles ou d'organiser leur sépulture selon leurs traditions. Ne serait-ce que pour faire droit à la demande exprimée par l'association Moliko Alet+Po, concernant six corps de leurs aïeux, Indiens Kali'na décédés à Paris après avoir été exhibés dans le cadre de « zoos humains » lors d'expositions coloniales à la fin du XIXe siècle, actuellement conservés au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), il est nécessaire de prévoir un mécanisme adapté. Cependant, identifier les moyens juridiquement sécurisés de procéder à une « restitution » dans cette situation nationale est paradoxalement plus compliqué que pour les demandes émanant d'États étrangers. Le ministère de la culture reste pleinement engagé à rechercher dans des délais rapprochés une solution juridique appropriée aux situations nationales. À cet égard, le Gouvernement a inscrit à l ordre du jour du Sénat, le 18 mai prochain, la loi d espèce telle que déposée par les sénateurs Catherine Morin-Desailly, Max Brisson et Pierre Ouzoulias, qui permettra en effet de régler de manière pragmatique le dossier pendant de la demande guyanaise. Enfin, après une enquête de repérage conduite de 2015 à 2017 auprès des musées de France et des universités, dont des résultats figurent dans le Vademecum des restes humains dans les collections publiques, publié par l'Office de Coopération et d'Information Muséales (OCIM) en 2018, cette première approche sera approfondie à partir de 2026 par des travaux de recherches de provenance, ciblés sur deux régions pilotes, pour réaliser une cartographie plus exhaustive de leur localisation et de leur origine, prenant en compte aussi d'autres biens sensibles, comme ceux possiblement spoliés entre 1933 et 1945 ou issus de contextes coloniaux, dans un objectif de connaissance globale des collections sur ces échelons territoriaux.