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🧭Gouvernement Lecornu II
Sébastien Lecornu
, Premier ministre

Catherine Vautrin
, Ministère des armées et des anciens combattants
Jean-Pierre Farandou
, Ministère du travail et des solidarités
Monique Barbut
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Roland Lescure
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Serge Papin
, Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Édouard Geffray
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture
Stéphanie Rist
, Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Catherine Pégard
, Ministère de la culture
Naïma Moutchou
, Ministère des outre-mer
Françoise Gatel
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Amélie de Montchalin
, Ministère de l'action et des comptes publics
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics
Philippe Baptiste
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Marina Ferrari
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Philippe Tabarot
, Ministère des transports
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement
Avec
Laurent Nunez
, Ministère de l'intérieur18 févr. 2026

NARCOTRAFIC


Mme la présidente. La parole est à M. Aurélien Pradié, pour exposer sa question, no 609, relative au narcotrafic.

M. Aurélien Pradié. Le narcotrafic en bande organisée est perçu comme l'un des fléaux majeurs qui menacent notre pays. La lutte contre ce fléau est vitale pour la subsistance même de la nation, de l'État de droit, de l'organisation démocratique et républicaine.

Lorsque je parle d'une lutte vitale pour la subsistance de la nation, je pèse mes mots. Nous avons, les uns et les autres, identifié des pistes, et des mesures ont été adoptées, notamment pour lutter contre la consommation de drogues et pour dénoncer son installation, discrète, insidieuse, dans notre pays.

Mais il existe deux fléaux dont nous parlons trop peu et sur lesquels je désire interroger le ministre de l'intérieur. Le premier est celui de la corruption. Le chiffre d'affaires – si l'on peut s'exprimer ainsi – du trafic de drogue est bien supérieur au budget de nombre de nos ministères, par exemple à celui du Quai d'Orsay. Il ne faut pas sous-estimer la force de frappe corruptive que les trafiquants de drogue ont désormais acquise dans notre pays, au sein même de l'appareil d'État. Il ne se passe pas un mois sans que l'un de nos fonctionnaires, un agent, un élu, un dépositaire de l'autorité publique soit inquiété ou condamné pour une affaire de corruption. Ce sujet-là est délicat et même encombrant, tant il est gênant d'en parler. Il s'agit pourtant d'un des premiers indicateurs de la faillite d'un État de droit face au narcotrafic.

Nous avons besoin d'une opération mains propres – là aussi, je pèse mes mots – au sein même de l'appareil d'État, parmi ceux qui représentent notre nation.

Le second fléau dont nous parlons trop peu, alors qu'il est, lui aussi, essentiel, c'est celui du trafic d'armes. Notre pays en est quasiment inondé ; l'accès aux armes de guerre y est devenu d'une facilité préoccupante. En 2022, plus 8 000 armes ont été saisies, dont une majorité d'armes de guerre. Les règlements de comptes auxquels nous assistons ici ou là se font désormais à l'arme de guerre. En 2024, dans notre pays, 110 personnes ont été tuées par arme dans le cadre de trafics ou de bandes organisées et plus de 340 ont été blessées. De plus en plus nombreuses, ces armes proviennent de théâtres de guerre, issues parfois de nos propres arsenaux : certaines reviennent du Sahel, de Libye ou encore du territoire ukrainien.

C'est sur ces deux problèmes que je voulais interroger le ministre de l'intérieur : que faisons-nous d'absolument radical pour lutter contre la corruption au sein de l'appareil d'État et contre le trafic d'armes – deux phénomènes qui, pris ensemble, sont les signes d'une guerre que nous risquons de perdre ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur.

Mme Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur. Des organisations criminelles, notamment celles liées au trafic de stupéfiants, visent effectivement des agents publics, et les policiers ne font pas exception. Les atteintes à la probité commises par des agents publics ne sont pas nouvelles ; elles ont toujours été prises en compte. Toutefois, la menace de corruption va croissant et le ministère de l'intérieur en a pris la mesure.

Malgré l'écho médiatique de certaines affaires, je souhaite insister sur un point : la corruption demeure exceptionnelle, même si, par nature – vous l'avez souligné dans votre question –, le phénomène est caché. Il recouvre d'ailleurs des réalités très diverses : usage illicite de fichiers, violation du secret ou corruption à proprement parler. Qui plus est, les liens sont généralement « ubérisés », passant par des intermédiaires via les réseaux sociaux.

Quoi qu'il en soit, face aux moyens croissants du narcobanditisme et à l'indiscutable montée des atteintes à la probité, une véritable démarche globalisante est engagée, afin de prendre en compte tous les aspects de ce défi, notamment la prévention et la détection. Un tel travail inclut la formation initiale des policiers, mais aussi un contrôle renforcé des fichiers de police, dont l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a d'ailleurs fait une priorité.

La lutte contre le trafic d'armes constitue, elle aussi, une priorité du ministère de l'intérieur. Ce combat mobilise l'ensemble des services de la police et de la gendarmerie. À titre d'exemple, en 2025, 9 383 armes à feu ont été saisies par la gendarmerie. Ainsi l'action est-elle menée tant en matière de renseignement et de balistique que de lutte contre les filières, par exemple sur les réseaux sociaux, sur le darknet ou lors de saisies menées au cours d'opérations antistup. Ces actions sont conduites en coordination avec l'agence française anticorruption (AFA) et la justice, afin de proposer une réponse efficace.

Comme vous pouvez le constater, monsieur le député, le ministère de l'intérieur est en ordre de bataille aussi bien pour lutter contre les trafics d'armes et de stupéfiants que pour traiter les enjeux de corruption. Vous pouvez donc compter sur la résolution totale du gouvernement en la matière.

Mme la présidente. La parole est à M. Aurélien Pradié.

M. Aurélien Pradié. En vous écoutant, je mesure la force d'une tentation : celle de la cécité sur la corruption – phénomène qui n'est plus exceptionnel aujourd'hui, mais qui est devenu absolument stratégique.

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