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🧭Gouvernement Lecornu II
Sébastien Lecornu
, Premier ministre
Laurent Nunez
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère des armées et des anciens combattants
Jean-Pierre Farandou
, Ministère du travail et des solidarités
Monique Barbut
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Roland Lescure
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Serge Papin
, Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Édouard Geffray
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture

Catherine Pégard
, Ministère de la culture
Naïma Moutchou
, Ministère des outre-mer
Françoise Gatel
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Amélie de Montchalin
, Ministère de l'action et des comptes publics
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics
Philippe Baptiste
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Marina Ferrari
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Philippe Tabarot
, Ministère des transports
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement
Situation de l'hôpital de Denain établissements de santé
Avec
Stéphanie Rist
, Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées25 mars 2026

HÔPITAL DE DENAIN


Mme la présidente. La parole est à M. Sébastien Chenu, pour exposer sa question, no 648, relative à l'hôpital de Denain.

M. Sébastien Chenu. Je ne vous apprendrai rien en rappelant que 70 % des Français considèrent la santé comme leur priorité au quotidien, et que 81 % d'entre eux déclarent pourtant avoir déjà renoncé à se soigner, en raison de délais d'attente particulièrement longs.

Nous estimons que le gouvernement manque cruellement d'ambition au sujet de l'hôpital public. Celui de Denain, dans ma circonscription, ne fait pas exception aux difficultés que rencontrent un certain nombre d'établissements de notre pays. Je signale depuis des années sa situation extrêmement préoccupante, et les conséquences de ces difficultés dans un territoire marqué par des fragilités sociales, où la mortalité est supérieure de 31 % à la moyenne nationale et l'espérance de vie beaucoup plus faible qu'ailleurs.

En dépit de l'importance de son rôle, l'hôpital de Denain, confronté à des difficultés croissantes en matière de personnel, est quotidiennement sous pression. Le volume des passages aux urgences augmente de façon constante et considérable : de 23 000 en 2020, il est passé à 27 000 en 2021, puis à 30 000 selon les derniers chiffres disponibles. Pour les agents – aussi bien le personnel soignant que le personnel administratif –, que je salue et qui font un travail extraordinaire, il en résulte, je le répète, une véritable pression : treize personnes ont démissionné en 2022, trente-six en 2024.

Quelles garanties, quels moyens pérennes le gouvernement peut-il nous apporter afin que cet hôpital, implanté, encore une fois, dans un environnement très difficile, puisse se développer harmonieusement – pour le personnel, pour les usagers qui en ont besoin ? J'attends des gestes forts.

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.

M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. L'accès aux soins constitue une préoccupation majeure du gouvernement ; c'est pourquoi l'État agit en vue de soutenir les établissements de soins qui assurent le maillage des territoires, tel l'hôpital de Denain, acteur clé de la santé dans le Hainaut.

Concrètement, l'agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France accompagne avec constance les investissements de cet établissement : elle a mobilisé 4 millions d'euros pour le projet immobilier relatif au bâtiment dit V120 et près de 700 000 euros, entre 2020 et 2022, pour les investissements du quotidien. En outre, elle aide directement l'établissement à restaurer ses capacités financières – à hauteur de 1,7 million sur dix ans, avec l'objectif d'inscrire l'hôpital de Denain dans une trajectoire durable, réaliste, adaptée aux besoins du territoire.

Concernant les ressources humaines, si les départs que vous mentionnez sont une réalité que l'on rencontre aussi dans d'autres hôpitaux, il importe toutefois d'envisager les choses dans leur globalité : entre 2019 et 2024, les effectifs de l'établissement sont passés de 959 à 1 002 équivalents temps plein (ETP), soit une augmentation de 43 emplois. Depuis 2022, vingt médecins ont été installés en qualité de praticien hospitalier statutaire. Des partenariats avec d'autres établissements, dont celui de Valenciennes, permettent à l'hôpital de Denain de mobiliser plus de 6 ETP de praticiens spécialistes, au profit direct des patients.

Les coopérations instaurées au sein du groupement hospitalier de territoire du Hainaut-Cambrésis, dans des domaines tels que l'imagerie médicale, l'endocrinologie, l'oncologie, l'ophtalmologie ou la chirurgie urologique, contribuent aussi à l'attractivité de l'établissement, du territoire, et à la qualité des soins.

Enfin, pour preuve des efforts accomplis en vue d'une meilleure offre de soins, l'hôpital de Denain a pu créer une unité de soins intensifs polyvalents comptant huit lits, ainsi que trente lits supplémentaires de soins médicaux et de réadaptation ; développer des activités nouvelles en pédopsychiatrie, en psychiatrie ; s'équiper d'un deuxième scanner et prochainement d'un deuxième appareil d'imagerie par résonance magnétique (IRM).

Ainsi, malgré des difficultés dont le gouvernement ne nie pas l'existence, l'attractivité et le dynamisme de l'hôpital de Denain sont bien réels et méritent d'être entretenus dans les années à venir.

Mme la présidente. La parole est à M. le vice-président Sébastien Chenu.

M. Sébastien Chenu. Vous nous parlez du passé ; moi, je vous parle de l'avenir. Un deuxième scanner, une deuxième IRM, c'est évidemment très bien : nous nous sommes d'ailleurs mobilisés pour les obtenir – j'étais déjà député lors des législatures précédentes. Tout cela est donc très bien, mais c'est le passé. Quant à la « trajectoire » que vous avez évoquée, à quoi correspond-elle ? Quelles sont les propositions, les objectifs ?

Je le répète, j'ai entendu dans votre réponse beaucoup d'éléments concernant le passé ; je ne dis pas que l'hôpital de Denain aurait été abandonné par le passé, mais seulement que de nouveaux besoins émergent, que la situation du territoire est très difficile, et que j'aimerais donc connaître le contenu, si je puis dire, de cette trajectoire, ce mot restant pour moi un peu vide de sens.

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre.

M. Jean-Pierre Farandou, ministre. C'est vrai, le passé et le présent, c'est bien, mais l'avenir aussi. Vous avez parfaitement raison, il faut se projeter en tenant compte de l'évolution de la population et des besoins ; j'ai tout à fait confiance dans le travail effectué par l'ARS des Hauts-de-France afin de caler avec l'hôpital de Denain les évolutions nécessaires et les moyens associés.

Mme la présidente. Merci, monsieur le ministre.

M. Jean-Pierre Farandou, ministre. Un travail sérieux est accompli. Il faudra écouter les élus, les parlementaires locaux, afin de savoir comment bien déterminer l'avenir de cet hôpital.

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