HÔTELLERIE-RESTAURATION DANS LA CREUSE
M. le président. La parole est à M. Bartolomé Lenoir, pour exposer sa question, no 725, relative à l'hôtellerie-restauration dans la Creuse.
M. Bartolomé Lenoir. Je souhaite appeler l'attention du ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat et du tourisme et du pouvoir d'achat, sur un secteur essentiel, particulièrement dans mon département de la Creuse : l'hôtellerie-restauration, les gîtes et les bars-tabac-presse.
La Creuse possède un patrimoine historique remarquable, ancré dans l'architecture médiévale et dans une identité agricole forte, avec sa tradition d'élevage. Ce territoire constitue un atout pour le tourisme français. Néanmoins, nos campagnes subissent des coupes budgétaires, notamment des fermetures de classes que je regrette profondément. Pourtant, ces campagnes se battent pour maintenir et animer des lieux de vie où, en famille, entre amis, nous aimons nous retrouver.
Dans ce contexte, les hôtels, restaurants, gîtes et bars-tabac-presse sont essentiels pour le développement local et pour la vie quotidienne. Or ce secteur traverse une période très difficile : difficultés de recrutement, manque de repreneurs alors même que l'activité existe, violence de la bureaucratie et charges excessives.
Je souhaite donc mettre en lumière ce secteur vital et interroger le gouvernement sur les actions qu'il entend mener pour le soutenir.
M. le président. La parole est à M. le ministre de la ville et du logement.
M. Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement. Je vous prie de bien vouloir excuser mon collègue Serge Papin, qui m'a transmis des éléments de réponse.
Vous avez raison, l'hôtellerie-restauration et les commerces de proximité sont des secteurs économiques essentiels ; ce sont souvent les poumons de nos territoires ruraux. Avec plus de 200 millions d'euros de retombées économiques par an, la Creuse s'impose comme une destination de choix, portée par une tendance de fond, le développement du
slow tourism et du tourisme nature, qui attirent des touristes français mais aussi étrangers – 30 % des nuitées dans les campings creusois y sont réalisées par des touristes étrangers.
Cette dynamique ne doit pas masquer les difficultés que vous avez rappelées. Le ministre Papin a conscience que le contexte actuel met à l'épreuve la pérennité de nombreuses entreprises. C'est pourquoi le gouvernement souhaite accompagner les entreprises les plus fragilisées, notamment face à la hausse des coûts de l'énergie et des carburants. Plusieurs aides ont été annoncées récemment, notamment pour les gros rouleurs ou pour les traiteurs.
Vous avez évoqué le poids des factures d'électricité. La France dispose d'une électricité parmi les plus compétitives d'Europe, et nous veillons à ce que nos artisans et commerçants en bénéficient.
La fermeture d'un café, d'un bistrot ou d'un hôtel est dévastatrice pour un centre-bourg. Nous en sommes pleinement conscients. Le gouvernement a engagé plusieurs actions pour lutter contre ces fermetures. C'est le cas du plan de revitalisation des commerces de centre-ville, piloté conjointement par mon ministère et par celui de M. Papin, qui vise à donner aux maires des outils rapidement mobilisables : soutien aux foncières, financement de managers de commerce, taxe sur les friches commerciales.
Nous travaillons également à un plan dédié à la transmission des entreprises du secteur. Chaque année, des hôtels et des restaurants ferment non parce qu'ils ne sont pas viables, mais faute de repreneurs. Nous voulons lever ces freins, simplifier les démarches, mobiliser les financements adaptés et accompagner cédants et repreneurs.
Parce qu'un bistrot qui ouvre, c'est un territoire qui vit, je suis convaincu que ces mesures soutiendront efficacement l'hôtellerie-restauration en Creuse et partout en France.
M. le président. La parole est à M. Bartolomé Lenoir.
M. Bartolomé Lenoir. J'insiste : nous vivons un véritable
momentum. Dans ma commune et dans tout le département, des restaurants et des bars fonctionnent très bien, créent de l'emploi, génèrent du chiffre d'affaires, mais risquent de fermer faute de repreneurs.
Au-delà des questions administratives et de la bureaucratie, les jeunes générations perçoivent l'immensité de la charge de travail. Nous risquons de perdre des commerces dans les six à douze mois à venir, alors que l'attractivité touristique est forte. Je vous remercie d'appuyer sur ce point auprès de M. Papin.
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Vincent Jeanbrun, ministre. Vous pouvez compter sur moi ; je partage votre analyse. Il faut également simplifier les normes qui pèsent sur les bistrots, en zone rurale comme en ville. Ainsi, les règles liées aux licences III ou IV sont complexes. Nous devons redonner de l'oxygène aux entrepreneurs courageux qui reprennent ces activités.