Stéphanie Rist,
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées •
12 mai 2026Les services du centre hospitalier universitaire de Bordeaux ont subi, comme nombre d'autres Services d'accueil des urgences (SAU) de la région et du pays, les impacts d'une démographie médicale fragile, avec une pénurie d'urgentistes. Dans le cadre des travaux menés par l'agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, avec, en parallèle, le recrutement et la nomination d'un chef de service aux urgences, de nombreuses actions concrètes participent, depuis leur mise en œuvre, d'une amélioration notable du fonctionnement de ce service d'urgences. Parmi ces actions peuvent être citées : - l'intervention de la délégation départementale de l'agence régionale de santé de la Gironde, avec, en appui, l'observatoire régional des urgences de Nouvelle-Aquitaine, qui a sanctuarisé un mode de gestion des lits éprouvé pendant la crise Covid. Ces dispositifs de « bed-management » territorialisé contribuent à mieux répartir les patients hospitalisés et à anticiper les tensions de lits (transferts programmés, ouverture ciblée de places, animation territoriale). Disposant de données objectivées et opposables, avec le recours à un professionnel dédié à la gestion des lits sur le département, cela a permis de repositionner chacun des acteurs de la filière, mais également chacun des établissements du territoire, dans une gestion des admissions, des éventuelles réorientations et/ou transfert, de manière plus orthodoxe ; - l'action du chef du service des urgences a permis, notamment dans le cadre d'une nouvelle organisation interne et au bénéfice d'une construction partenariale de la filière urgences, que ce soit en intra/interhospitalier avec une fédération médicale inter-hospitalière des urgences du groupement hospitalier de territoire, mais également avec la médecine libérale, dans le cadre du Service d'accès aux soins (SAS) 33 ; - le déploiement du SAS, dans le cadre d'une coopération exigeante mais réussie, avec le service d'aide médicale urgente et l'association services de soins d'urgences médicales 33. Un dispositif efficace, précisément conçu pour filtrer et orienter les appels et diminuer les passages évitables aux urgences en redirigeant vers la ville, les consultations non programmées ou en programmant une intervention libérale avec, pour illustration, 2 700 conseils médicaux en un mois dans certains bilans. Cette coopération réussie fluidifie la prise en charge non hospitalière et diminue la pression sur le SAU.