Vincent Jeanbrun,
Ministère de la ville et du logement •
12 mai 2026La politique de rénovation énergétique des logements est une priorité du Gouvernement. Elle répond à un triple objectif : lutter contre la précarité énergétique, améliorer le confort de vie des occupants, et réduire les émissions de gaz à effet de serre conformément à l'engagement de neutralité carbone à l'horizon 2050. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) constitue un outil essentiel de cette politique. La réalisation d'un DPE permet de mieux identifier les logements énergivores et de fournir aux ménages des recommandations de travaux adaptées. En effet, la réforme du DPE, entrée en vigueur le 1er juillet 2021, a profondément refondu la méthode de calcul afin d'en améliorer la fiabilité, l'homogénéité et la lisibilité. Elle repose désormais sur une méthode unique, applicable à tous les logements quel que soit leur type ou leur année de construction, fondée sur les caractéristiques physiques du bâtiment et des données d'entrée fiabilisées. Le DPE est par ailleurs devenu opposable juridiquement, conformément à la loi portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (ELAN). De plus, s'agissant du bâti ancien, la méthode intègre ses spécificités, notamment l'inertie thermique, qui réduit les besoins de chauffage. Pour limiter les écarts de résultats sur le terrain, des actions ont été engagées afin de renforcer la formation des diagnostiqueurs et de mieux outiller la profession grâce à un guide technique et à la sensibilisation des propriétaires sur la fourniture de justificatifs Afin de répondre aux préoccupations exprimées par certains locataires et propriétaires une première feuille de route a été élaborée à l'été 2022, en concertation avec les professionnels de la filière. Ce plan d'action visait à améliorer la qualité de réalisation des DPE, et notamment l'homogénéisation des pratiques des diagnostiqueurs. Dans la continuité de ces travaux et afin de restaurer pleinement la confiance dans le DPE, le Gouvernement a engagé un second plan ambitieux, structuré autour de trois axes : renforcer les contrôles, prévenir les fraudes et améliorer la formation et l'information. Afin de soutenir les propriétaires bailleurs, plusieurs dispositifs d'accompagnement financier sont mobilisables : MaPrimeRénov'et MaPrimeRénov'Copropriétés, qui ont permis en moyenne de financer 70 % des coûts de travaux en 2024 dans le cadre du parcours accompagné, les aides fiscales (TVA à 5,5 %), la mobilisation des certificats d'économies d'énergie (CEE), ainsi que l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ). L'effort financier de soutien à la rénovation énergétique des logements du parc locatif privé s'accompagne également d'un soutien à l'investissement locatif avec la prorogation jusqu'au 31 décembre 2027, d'une part, de la réduction d'impôt « Denormandie dans l'ancien » pour les biens faisant l'objet de travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération et permettant l'atteinte de la classe E, et, d'autre part, de la mesure de doublement du déficit foncier imputable sur le revenu global pour les bailleurs réalisant des travaux de rénovation énergétique permettant à un logement de passer d'une classe E, F ou G à une classe A, B, C. Afin d'agir structurellement sur l'offre locative de logements abordables et de longue durée, le plan « Relance Logement » annoncé le 23 janvier dernier s'appuie enfin sur le nouveau dispositif fiscal instauré par la loi de finances pour 2026 qui propose un cadre ambitieux pour les acquisitions de logements collectifs tant dans le neuf que dans l'ancien sous condition de travaux, afin de rénover les « passoires thermiques » et de les remettre très rapidement sur le marché. Le Gouvernement souhaite aller plus loin. Un projet de loi de Relance du Logement sera porté d'ici l'été afin de renforcement le dispositif fiscal du bailleur privé dans l'ancien, en assouplissant ses conditions d'accès et en l'étendant à la maison individuelle, afin de massifier les rénovations. Enfin, une autre disposition soumis au vote permettra la remise en location des logements frappés d'indécence énergétique à la condition d'un engagement des travaux nécessaires, permettant ainsi au propriétaire de pouvoir les financer grâce à la poursuite du paiement du loyer.