David Amiel,
Ministère de l'action et des comptes publics •
21 avr. 2026En 2026, les collectivités territoriales seront associées aux efforts de maîtrise du déficit public, la dépense locale représentant environ 20 % de la dépense publique. Cette participation, dont le détail a fait l'objet d'un échange soutenu avec le Parlement, restera cependant limitée et devrait permettre aux recettes des collectivités locales de continuer à évoluer à un rythme plus élevé que l'inflation. Le budget 2026 prévoit plusieurs mesures d'économies, parmi lesquelles la maîtrise de la dynamique du prélèvement sur recettes (PSR) visant à compenser l'abattement forfaitaire de 50 % sur les valeurs locatives cadastrales des locaux industriels. Le montant de ce PSR a en effet connu, depuis son instauration, une progression très dynamique : l'effet de l'application d'un coefficient de minoration de 19,3 % à son montant à partir de 2026 ne pourra cependant pas dépasser 2% des recettes réelles de fonctionnement des collectivités concernées. L'application de cette mesure devrait ramener le montant de la compensation au niveau de 2023. Le budget 2026 prévoit également le renouvellement du dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités locales (DILICO), à hauteur de 740 M € : le dispositif exonère cependant totalement les communes et sa restitution est étalée sur 3 ans, avec une part de 10% affectée à la péréquation, comme pour le dispositif de 2025. De plus, conformément à l'article 186 de la LFI pour 2025, un tiers des sommes prélevées en 2025 au titre du DILICO 1, soit 333 M€, seront restituées cette année aux collectivités locales. La minoration de dotations figées et à la répartition obsolète, essentiellement de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (DCRTP), est également prévue au titre de la mobilisation des « variables d'ajustement » en 2026 (586 M€) : leur répartition a été adaptée afin de tenir compte de la situation plus contrainte des départements. Rien, dans ces mesures, ne traduit un renoncement à l'ambition de réindustrialisation de la France. Les programmes « Territoires d'industrie », le plan France 2030, la stratégie annoncée par le président de la République pour accélérer la réindustrialisation ne sont ni des slogans, ni des parenthèses : ils se traduisent, sur le terrain, par des moyens d'ingénierie, de subvention, de soutien à l'innovation, à la décarbonation et à la formation, qui bénéficient directement à des territoires comme le vôtre. La responsabilité qui est la nôtre est double : tenir le cap de la réindustrialisation, en confortant la compétitivité de nos entreprises et l'attractivité de vos territoires et contribuer au redressement de nos comptes publics, qui doivent nous permettre de dégager de nouveaux moyens pour agir et sans lequel aucun modèle social ni aucune politique industrielle ne sont durables.