Philippe Baptiste,
Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace •
4 nov. 2025Le logement représente le premier sujet d'inquiétude des étudiants et de leurs familles, le premier poste de dépenses également, ainsi que le moyen de suivre un parcours choisi dans l'enseignement supérieur. Selon les repères conditions de vie 2023 de l'observatoire de la vie étudiante, 67 % des étudiants sont décohabitants et le logement représente en moyenne 47 % de leur budget (528 € mensuels dont 115 € de frais de logement). Par ailleurs, le taux d'effort sur le logement de leurs enfants est deux fois supérieur pour les parents employés et ouvriers que pour les parents cadres. Offrir un logement à tarif abordable à cette population est donc une priorité forte du Gouvernement comme le Premier ministre l'a rappelé lors de sa déclaration de politique générale. Le parc de logements gérés par les Crous représente de l'ordre de 175 000 logements. Par ailleurs, les bailleurs sociaux disposent d'un parc estimé à 70 000 logements. Comme le mentionne la Cour des comptes dans son rapport sur le logement étudiant remis en juillet 2025, la stabilité du taux de logements sociaux dédiés aux étudiants depuis 2012, malgré une augmentation sur la période de 25 % du nombre d'étudiants, est la preuve de l'effort continu des pouvoirs publics en la matière. Il reste néanmoins encore insuffisant pour couvrir les besoins de l'ensemble des étudiants qui n'ont pas les moyens de se loger dans le parc privé. C'est pourquoi le Gouvernement mène un effort continu pour en poursuivre le développement. Dans le cadre du plan de construction de 60 000 logements annoncé au cours du premier quinquennat (dont la moitié a déjà été livrée), le foncier de l'État constructible pouvant être destiné à du logement étudiant a été recensé avec le concours des préfets de région et des recteurs de région académique, pour identifier les sites sur lesquels des résidences étudiantes pourraient être développées. Dans la continuité des plans précédents, le Premier ministre a annoncé dans son discours de politique générale la construction de 45 000 nouveaux logements abordables d'ici à la fin du quinquennat, soit 15 000 par an. À la suite de ces annonces, une répartition régionalisée a été réalisée en coordination entre le ministère chargé de l'enseignement supérieur et le ministère du logement. Cet effort de construction est soutenu par des moyens alloués au réseau des Crous qui ont été substantiellement renforcés. Entre 2021 et 2024, le montant de la subvention de charge pour service public qui lui a été alloué a ainsi augmenté de près de 25 %, passant de 513 millions d'euros à 635 millions d'euros. Cela a permis de renforcer les dépenses d'investissement du réseau en les portant à 113 M€ par an depuis 2024 (+ 25 M€) et d'engager un plan de rénovation de 12 000 logements vétustes tout en maintenant des moyens importants pour la construction de nouvelles résidences. Une convention a par ailleurs été signée entre les deux ministères précités et la banque des territoires dans le cadre du programme « agir pour le logement étudiant ». Ce programme mobilisera 5 Mds€ pour engager la réalisation des 75 000 nouveaux logements, répartis en 3,5 Mds€ de prêts sur fond d'épargne et 1,5 Md€ en fonds propres de la banque des territoires et de filiales du groupe CDC. Enfin, en plus des efforts de constructions menés pour augmenter le parc de résidences étudiantes, le ministère en charge de l'enseignement supérieur a engagé un chantier axé sur l'accès aux droits et au logement. Une start-up d'État travaille depuis fin novembre 2024 avec pour objectif de rendre plus lisible l'offre de logements étudiants à vocation sociale, tant celle gérée par les Crous que celle portée par d'autres bailleurs sociaux, moins bien identifiée par les étudiants. Les résidences dédiées à vocation sociale seront ainsi centralisées et visibles en un seul et même endroit, sur une plateforme internet dédiée qui devrait être accessible au grand public à la rentrée prochaine. Cette plateforme a pour but d'accompagner plus largement les étudiants lors de leur décohabitation, par exemple en mettant en avant les aides et dispositifs existants, mais aussi des outils permettant aux lycéens de pouvoir se projeter dans un budget étudiant.