L'obligation de présence d'un extincteur portatif à l'intérieur des véhicules particuliers, à l'instar de ce qui est déjà rendu obligatoire dans les véhicules à usage professionnel, apparaît être comme une mesure intéressante au regard de la problématique évoquée, mais qui s'accompagne de contraintes importantes à bien prendre en considération. En premier lieu, les conducteurs des presque 40 millions de voitures particulières dans le parc en France ne sont pas des conducteurs professionnels. A ce titre ils n'ont pas de formation spécifique à la manipulation d'extincteur face à un incendie, contrairement aux chauffeurs professionnels. Il importe que les conducteurs qui viendraient à intervenir sur un feu de leur véhicule ou d'une autre, aient conscience du danger et ne se mettent pas en situation pouvant les mettre en péril. Notamment, les conducteurs s'arrêtant sur le bord de la route suite à un début d'incendie pourraient être tentés de débuter une extinction avant de mettre leur chasuble haute visibilité et faire le balisage d'urgence. Cela demanderait d'assurer une sensibilisation et une formation des conducteurs au préalable à l'entrée en vigueur d'une telle mesure. Par ailleurs, les véhicules particuliers ne sont pas pourvus dès l'origine de compartiment dédié à la présence d'un extincteur à proximité du conducteur. Pour éviter tout risque lors d'un accident, il importerait que l'extincteur soit solidement accroché pour ne pas risquer de devenir un projectile en cas d'accident. De plus, ces dispositifs, qui doivent être conformes aux normes en vigueur, ont une durée de vie limitée, des conditions de stockage parfois non adaptées dans une voiture en raison de leur technologie, et doivent être en majorité contrôlés périodiquement. Les capacités à fournir en dispositifs les personnes qui devraient s'équiper devraient également être prises en compte. Or, au 1er janvier 2025, le parc automobile se compose de 39,7 millions de voitures particulières, ce qui pourrait engendrer une charge importante. Malgré les réserves évoquées ci-dessus, une telle mesure peut présenter un intérêt en ce qu'elle permettrait d'attaquer un feu naissant précocement, soit par l'utilisateur d'une voiture, soit par l'utilisateur d'un autre véhicule à proximité, que ce soit pour un départ de feu concernant un véhicule ou un départ de feu à proximité (mégot sur de la végétation en bord de route par exemple). Le Gouvernement examine les retours d'expérience de cette obligation en place dans plusieurs Etats membres.