Stéphanie Rist,
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées •
12 mai 2026Le cancer du pancréas est un problème majeur de santé publique. C'est un cancer agressif, le plus souvent détecté à un stade avancé ou métastatique. Les options thérapeutiques restent malheureusement limitées et peu satisfaisantes. Le cancer du pancréas fait partie des cancers de mauvais pronostic, responsables de taux de survie à 5 ans inférieurs à 20 %. La stratégie décennale de lutte contre les cancers (2021-2030) a fait des cancers de mauvais pronostic un de ses axes prioritaires. Comme pour la plupart des cancers, l'âge est un des facteurs de risque majeurs du cancer du pancréas. Pourtant, le vieillissement de la population n'explique pas totalement cette augmentation de son incidence. Le tabagisme serait à l'origine d'environ un cas sur cinq et participerait, de même que l'obésité et le diabète qui sont également d'autres facteurs de risque connus, à un doublement du risque par rapport à la population générale. Mais surtout, ce sont environ 10 % des cancers du pancréas qui surviennent chez des personnes ayant un risque aggravé, risque allant de 1,5 à 13 fois celui de la population générale. ll s'agit d'une population ayant des antécédents familiaux de cancer du pancréas, ou porteuse de certaines formes de pancréatites chroniques ou encore de syndromes génétiques héréditaires à haut risque. Aucune étude n'ayant démontré son bénéfice, le dépistage du cancer du pancréas n'est actuellement pas recommandé en population générale, expliquant l'absence de programme de dépistage organisé. Cependant, en permettant la détection de stades précoces, le dépistage ciblé permet d'améliorer le pronostic des personnes à risque aggravé. A ce titre, un conseil génétique est recommandé pour toute personne non malade, issue au premier degré d'une famille de cancers pancréatiques familiaux. De ce fait, l'institut national du cancer recommande déjà le dépistage du cancer du pancréas aux personnes à risque aggravé, à partir de 40 ou 50 ans en fonction du niveau de risque. En l'absence d'anomalie constatée après le premier examen, le dépistage est annuel et consiste en une alternance d'imagerie par résonance magnétique et d'écho-endoscopie. La fréquence peut être portée à tous les six mois, en cas d'anomalies. Des données sur les écarts entre les pratiques et ces recommandations de dépistage ciblé chez les personnes à haut risque seraient nécessaires pour justifier d'une meilleure sensibilisation des professionnels de santé et du grand public ou envisager le déploiement de programmes de dépistage pilotes ou structurés dédiés. Enfin, les recherches sur l'efficacité et l'impact de nouvelles approches de ce dépistage des cancers pancréatiques (de biomarqueurs notamment) devront être poursuivies. Le deuxième volet de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 a réaffirmé l'engagement en faveur du repérage et de la prise en charge des malades atteints de cancer du pancréas, avec également un axe sur l'interception des cancers de mauvais pronostic.