Les Haltes soins addiction (HSA), anciennement dénommées salles de consommation à moindre risque, ont été ouvertes dans le cadre d'une expérimentation prévue par la loi du 26 janvier 2016. Cette expérimentation a fait l'objet d'une prorogation jusqu'au 31 décembre 2025. L'objectif de ces HSA est de contribuer à réduire les atteintes à la santé pour les usagers de drogues (surdoses, infections, complications chroniques et aigues), grâce à l'usage de matériel stérile, et de les mener dans un parcours de soins, pouvant aller jusqu'au sevrage. Les HSA permettent également de réduire la présence de matériel d'injection dans les espaces publics. En s'insérant dans le parcours de soins des usagers les plus précaires, les HSA sont à même de leur permettre d'entamer ou de reprendre ce parcours. Les HSA ont ainsi principalement vocation à être installées au plus près des scènes ouvertes, là où les usagers de drogues sont les plus nombreux, afin d'être proches des usagers et de réduire les nuisances publiques là où elles sont les plus tangibles. Ce critère constitue une condition de succès des HSA, en leur permettant d'atteindre les usagers et de diminuer le plus efficacement le nombre de consommations dans les espaces publics. Une évaluation extensive des Haltes soins addiction de Paris et Strasbourg a été menée par l'institut national de la santé et de la recherche médicale et rendue publique en 2021 (https://www.inserm.fr/rapport/salles-de-consommation-a-moindre-risque-rapport-scientifique-mai-2021). Cette évaluation, en trois volets, prend en compte les différentes dimensions du dispositif : évolution de la santé des usagers, évolution de la physionomie du quartier (amélioration de l'environnement et amélioration de la tranquillité publique) et évaluation médico-économique. Après une première prolongation de l'expérimentation en 2022, le dispositif a donné lieu à un rapport conjoint de l'Inspection générale de l'administration et de l'Inspection générale des affaires sociales, qui concluait à l'utilité du dispositif, tant pour les usagers que pour le voisinage, et précisait que les HSA concourent au dispositif de veille et d'observation sur les substances en circulation. Le rapport recommande la pérennisation du dispositif et la création de nouvelles HSA là où la situation le justifie, sur la base d'un diagnostic local partagé. L'évaluation qualitative menée par les hospices civils de Lyon (2025) va dans le même sens, en montrant que l'expérimentation des HSA a permis de structurer une offre médico-sociale spécifique à destination de publics consommateurs de drogues en grande précarité. Reposant sur un modèle de bas seuil d'exigence et de réduction des risques, les HSA ont démontré leur capacité à capter des usagers en rupture avec les dispositifs traditionnels. Toutefois, le rapport montre que l'efficacité des HSA dépend de la qualité des relais, sociaux comme sanitaires, en aval. Ces rapports ont donc démontré l'effet des HSA, en particulier pour les usagers les plus précaires. La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 a prolongé l'expérimentation des HSA pour une durée de deux ans, jusqu'au 31 décembre 2027.