Stéphanie Rist,
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées •
3 mars 2026Depuis le mois d'août 2024, une circulation active du virus du chikungunya a été constatée à La Réunion, conduisant à une épidémie majeure début 2025. Le nombre de cas suspectés, sur la base des consultations pour symptômes compatibles, s'élève à plus de 200 000 personnes. Dans ce contexte, les autorités sanitaires ont déployé un plan d'actions coordonné en lien étroit avec l'Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion. Ces actions reposent sur une surveillance épidémiologique rigoureuse permettant un suivi précis de la progression de l'épidémie, associée à des interventions intensifiées de lutte antivectorielle destinées à réduire la population de moustiques vecteurs dans les zones identifiées comme foyers actifs. Elles incluent également le renforcement des équipes dédiées à l'ARS, via des recrutements ciblés, ainsi qu'un soutien accru aux communes pour faciliter la mise en œuvre d'opérations locales de démoustication. Parallèlement, le système de soins a été préparé pour absorber la montée en charge liée à cette crise, avec le déploiement de la réserve sanitaire et le renfort d'équipes médicales ; l'appui du régiment du service militaire adapté de La Réunion a également été sollicité. Les campagnes d'information auprès de la population et des professionnels de santé se sont également intensifiées, visant à promouvoir les gestes de prévention individuelle et collective. Enfin, une campagne de vaccination a été initiée le 7 avril 2025, suite à l'avis de la Haute autorité de santé (HAS) saisie en décembre 2024 pour définir l'usage du vaccin IXCHIQ®, autorisé en juillet 2024, comme axe complémentaire de la stratégie de réponse déployée contre l'épidémie, pour la prévention des formes graves. Elle a été déployée conformément aux données scientifiques et aux recommandations de la HAS, et en l'absence de traitement spécifique approuvé contre le chikungunya. En lien avec le lancement de cette campagne, un dispositif renforcé de pharmacovigilance a été mis en place, pour identifier et analyser tout effet indésirable qui surviendrait dans les suites de la vaccination. À la suite de la survenue d'événements indésirables graves et de l'avis de la HAS du 26 avril 2025 saisie en urgence par la direction générale de la santé dès la connaissance de ces événements, la campagne de vaccination s'est poursuivie pour les personnes de 18 à 64 ans avec des comorbidités. Ainsi, face à cette situation sanitaire exceptionnelle, et ce depuis les premiers signes de recrudescence de l'épidémie, l'État a mobilisé des moyens renforcés, tant en matière de lutte antivectorielle que de communication et de soutien aux collectivités.