L'exercice de la profession infirmière se décline en plusieurs spécialités : les Infirmiers ou infirmières de bloc opératoire diplômés d'Etat (IBODE), les Infirmiers anesthésistes diplômés d'Etat (IADE) et les Infirmiers puériculteurs diplômés d'Etat (IPDE). Ces trois spécialités infirmières correspondent ainsi chacune à une déclinaison spécifique de l'exercice infirmier socle, dit « en soins généraux », dans des champs et selon des expertises particulières : en matière de bloc opératoire pour les IBODE, en matière de soins de l'enfant pour les IPDE, et en matière de techniques anesthésiques pour les IADE. Par le biais de ces trois spécialités, les infirmiers socles en soins généraux peuvent donc acquérir des compétences plus appuyées dans ces trois champs identifiés, en accédant à une formation d'une durée d'une à deux années supplémentaires selon les spécialités. L'existence des spécialités infirmières est fondamentale pour la profession infirmière, et la réforme de grande ampleur actuellement menée par le ministère de la santé sur cette profession consacre leur place indispensable au sein du système de santé, notamment en renforçant le rôle et l'expertise des trois spécialités infirmières déjà existantes et en leur accordant une forme de pratique avancée. La reconnaissance, la valorisation et le maintien des spécialités infirmières apparaissent dès lors comme une priorité pour le ministère chargé de la santé, en témoignent les dernières avancées en la matière. Néanmoins, afin que l'exercice infirmier spécialisé puisse perdurer et bénéficier d'une juste reconnaissance des diverses expertises mobilisées, il convient de ne pas étendre exponentiellement le nombre de spécialités. A ce titre, la création d'une spécialité intégrant le statut de l'infirmier libéral (IDEL) pose plusieurs difficultés. En effet, si le ministère reconnaît pleinement le rôle des IDEL, essentiels au fonctionnement du système de santé en tant qu'acteurs incontournables du maintien à domicile et de la continuité des soins, la fonction d'IDEL se réfère à un statut et à une modalité d'exercice de la profession infirmière, et non pas à un exercice spécialisé. Réserver la pratique du libéral à des infirmiers qui appartiendraient à une "spécialité IDEL" conduirait à des difficultés d'accès aux soins, et à une perte de la diversité des fonctions possibles pour les infirmiers socles. La réforme infirmière, par la valorisation de l'ensemble de la profession, y compris des IDEL, permettra de renforcer la place fondamentale occupée par les infirmiers diplômés d'Etat dans le système de santé français et de reconnaitre leurs compétences. Le ministère de la santé réafirme que la volonté de multiplier les reconnaissances des différentes modalités d'exercices ou spécialités conduit à ne plus avoir de lisibilité dans la profession conduisant à un flou pouvant nuire à la profession dans sa globalité et son attractivité.