Sébastien Martin,
Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie •
26 mai 2026La réduction des délais d'obtention des autorisations environnementales constitue un enjeu majeur pour l'attractivité de notre territoire, notre souveraineté industrielle et la réussite de la transition écologique. La loi « Industrie verte », promulguée à l'automne 2024, a pour objectif de simplifier et d'accélérer les procédures administratives, notamment en réduisant les délais d'instruction des autorisations environnementales. Si cette loi marque une avancée significative, son plein effet sur les projets autorisés n'est pas encore totalement mesurable à ce stade, les retours d'expérience des porteurs de projet étant en cours d'analyse, dans la mesure où les dispositifs n'ont été pleinement déployés que depuis le 2nd semestre 2025. Il est important de souligner que le temps d'implantation d'un projet industriel est souvent évalué par les investisseurs en intégrant non seulement les délais d'instruction administrative, mais aussi ceux liés aux recours contentieux. Conscient de cet enjeu, le législateur a engagé depuis plusieurs années une démarche de réduction progressive des délais de recours des tiers. Ainsi, le délai de recours, initialement fixé à quatre ans par la loi du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), a été successivement réduit à un an par la loi Grenelle 2 de 2010, puis à quatre mois en 2017. Plus récemment, un décret du 10 mai 2024 a encore raccourci ce délai à deux mois. Toutefois, en cas de recours gracieux préalable, le porteur de projet peut attendre jusqu'à six mois pour savoir si un recours contentieux est finalement exercé. Afin de poursuivre la sécurisation des projets et la réduction des délais, le Gouvernement a porté un projet de décret ambitieux qui vise à optimiser le traitement des procédures contentieuses pour les projets soumis à autorisation environnementale. Ce décret publié fin avril prévoit notamment la suppression du double degré de juridiction pour certains contentieux, afin d'éviter des procédures redondantes, ainsi que la cristallisation des moyens, qui permet de limiter l'introduction d'arguments nouveaux en cours de procédure. Enfin, un délai de jugement fixé à dix mois pour les projets les plus importants sera instauré, afin d'offrir une visibilité rapide aux porteurs de projets et aux investisseurs.