Stéphanie Rist,
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées •
12 mai 2026La prévention des cancers est une thématique majeure pour le ministère en charge de la santé. Selon Santé publique France, le nombre de nouveaux cas de cancers de l'estomac était de 6 515 en France métropolitaine en 2023. L'incidence des cancers de l'estomac diminue régulièrement pour les deux sexes sur l'ensemble de la période 1990-2023. Le nombre de décès estimés liés aux cancers de l'estomac en 2018 était de 4 272. Environ 80 % de ces cancers sont dus à la bactérie Helicobacter pylori, qui colonise la muqueuse gastrique. Les autres facteurs de risque sont le tabac et l'alimentation. L'infection acquise le plus souvent dans l'enfance par contact direct avec les liquides gastriques, persiste généralement toute la vie en l'absence de traitement antibiotique. Toutefois, elle ne conduit que rarement au développement d'un cancer gastrique, le risque étant estimé à environ 1 % des personnes infectées. D'autres facteurs, tels que le tabac ou une alimentation riche en sel et en produits transformés, contribuent également à la survenue de cette maladie. Certaines populations présentent un risque accru, notamment les personnes ayant un antécédent familial au premier degré de cancer de l'estomac. La situation est sensiblement différente au Japon, où le cancer gastrique demeure l'un des cancers les plus fréquents. On y recense chaque année plus de 120 000 nouveaux cas et environ 45 000 décès (pour une population de 124 millions d'habitants), soit des taux d'incidence et de mortalité nettement supérieurs à ceux observés en France. Cette situation s'explique par la prévalence élevée de l'infection à H. pylori (environ 35 à 40 % de la population adulte contre moins de 20 % en France), des facteurs alimentaires traditionnels (consommation importante de sel et d'aliments fumés ou marinés) et des prédispositions génétiques particulières. Face à ce fardeau sanitaire, le Japon a mis en œuvre un programme national de dépistage endoscopique du cancer de l'estomac à partir de 40 ans. Ces stratégies ont montré une réduction significative de la mortalité spécifique, justifiant leur maintien dans un contexte d'incidence élevée. En France, à ce jour, la haute autorité de santé ne s'est pas prononcée pour un dépistage systématique de l'infection à Helicobacter pylori dans la population générale française ni pour un dépistage endoscopique organisé du cancer de l'estomac. En revanche, il est préconisé d'identifier les personnes à risque et, en cas d'infection avérée, de proposer un traitement éradicateur. L'Institut national du cancer (INCa) a également élaboré un document d'information intitulé « Cancer de l'estomac, informer ses proches », destiné à sensibiliser les familles concernées et à encourager la prévention ciblée. Les efforts en matière de prévention et de prise en charge des cancers se poursuivent en lien avec l'INCa notamment dans le cadre des travaux actuels d'élaboration de la feuille de route 2026-2030 de la stratégie décennale de lutte contre les cancers.