La situation de la filière automobile française, et notamment de la sous-traitance, reste en effet dégradée malgré une légère reprise depuis 2020. De multiples facteurs conjoncturels affectent négativement la santé de la filière depuis quelques années : les crises successives du Covid-19, des semi-conducteurs et des matières premières ont entrainé une dégradation de la compétitivité des acteurs de la filière tandis que la production automobile européenne reste inférieure de 20 % à son niveau de 2019, générant des surcapacités importantes pour les industriels du secteur. Enfin, alors que la filière française s'est illustrée en 2025 par le succès de la R5, les ventes de véhicules électriques en Europe n'ont pas progressé au rythme escompté en 2024, en particulier en raison de la suppression du bonus écologique en Allemagne. Face à ces multiples difficultés, les sous-traitants automobiles et l'ensemble de la filière peuvent compter sur un soutien fort de l'État visant à répondre à leurs besoins d'investissement et d'innovation en vue du maintien des activités et des emplois en France dans le contexte de l'électrification accélérée de la filière. Ainsi depuis 2020, 650 projets représentant près de 3 milliards d'euros d'investissements industriels privés de modernisation et de diversification ont été sécurisés par 750 millions d'euros d'aide publique. La filière automobile a aussi pu bénéficier de soutien public pour ses projets d'innovation sur les nouveaux segments du véhicule de demain, à travers les appels à projets du Comité d'orientation pour la recherche automobile et mobilité (CORAM), d'accompagnements individuels pour les PME et ETI proposés en collaboration avec Bpifrance pour accélérer le repositionnement stratégique des entreprises exposées à la transition, tels que – les « Accélérateurs Automobiles ». Un nouvel appel à projets dédié au soutien des investissements de la filière automobile a été ouvert en octobre 2025 et un autre est déployé depuis début 2026 pour soutenir l'innovation. Enfin, des dispositifs pour accompagner les salariés et territoires qui pourraient être affectés par la transition ont été mis en place avec efficacité. Le Fonds d'accompagnement et de reconversion des salariés licenciés dans la filière automobile a permis de soutenir la reconversion de 3 500 personnes, issues de 26 entreprises. De même, concernant les enjeux de formation et de revitalisation, les entreprises peuvent candidater aux dispositifs Transitions collectives pour les sujets de reconversion, Fonds national de l'emploi – formation pour les sujets de formation, tandis que le programme Territoires d'industrie propose des dispositifs adaptés à l'échelle locale pour maintenir et revitaliser les activités industrielles. Pour conclure, l'accord d'Engagement de développement de l'emploi et des compétences (EDEC) de la filière automobile, signé en avril 2019 entre l'État et les acteurs de la filière automobile, a notamment permis de soutenir neuf projets territoriaux visant à anticiper au mieux les mutations, accompagner les entreprises et les salariés et soutenir l'attractivité de la filière. Des opportunités ponctuelles peuvent en effet exister pour des sous-traitants automobiles auprès de l'industrie de défense, notamment du fait de compétences similaires et du haut niveau d'exigence demandé aux producteurs. À ce titre a été lancé au cours de l'année 2025 un projet de participation d'industriels civils notamment du secteur automobile dans l'industrie de défense, en collaboration avec la direction générale de l'armement (DGA). Ce projet vise à identifier et faciliter des diversifications ponctuelles d'industriels civils prometteurs vers les marchés de la défense. Il convient cependant de signaler que l'augmentation progressive des marchés de défense reste pour l'heure orientée vers les industriels traditionnels de la défense. Cette structuration de la filière défense est en effet à l'origine de difficultés d'accès pour de nouveaux entrants, notamment du secteur automobile. À cet égard, la diversification d'entreprises du secteur automobile vers le secteur de la défense représente des opportunités modérées, à la fois en termes de nombre d'entreprises et de volumes des marchés accessibles.