Gérald Darmanin,
Ministère de la justice •
12 mai 2026Le ministère de la Justice attache une importance toute particulière à la situation statutaire et indemnitaire des directeurs des services de greffe judiciaires. Dès juillet 2022, le rapport du Comité des États généraux de la Justice, remis au président de la République, a mis en évidence la nécessité de renforcer l'attractivité des métiers de greffe, recommandation confirmée par le plan d'action présenté par le ministre de la Justice le 5 janvier 2023. Les missions confiées aux directeurs des services de greffe ont, de plus, profondément évolué ces dernières années, sous l'effet notamment de la fusion des greffes, de la montée en charge des effectifs dans le cadre de la loi d'orientation et de programmation pour la justice et de la structuration d'un nouveau premier niveau d'encadrement exercé par le corps des cadres greffiers. C'est dans ce contexte qu'un cadre ambitieux de négociation a été engagé avec les organisations syndicales représentatives des services judiciaires dès le 13 juillet 2023, puis décliné dans un protocole d'accord signé le 26 octobre 2023 avec trois d'entre elles (UNSA services judiciaires, CFDT-INTERCO et FO Justice). Ce protocole a consacré une revalorisation des missions des métiers de greffier et a ainsi permis de clarifier, dans un premier temps, la filière juridictionnelle. Le cadre greffier constitue désormais un maillon supplémentaire dans l'organisation du greffe des juridictions. Il agit sous l'autorité des directeurs des services de greffe et vient soutenir leur action, les directeurs des services de greffe judiciaires conservant la responsabilité hiérarchique et stratégique des services de greffe. S'agissant plus spécifiquement de la filière administrative et du corps des directeurs des services de greffe, une série de concertations a été conduite à compter de février 2025. Ces échanges réguliers ont permis de faire émerger des points de convergence sur la nécessité d'une revalorisation indiciaire et d'une meilleure définition des perspectives d'évolution de carrière des directeurs des services de greffe judiciaires. Après la réforme statutaire de 2015, cette réforme vient ainsi confirmer et renforcer le positionnement du corps sur des fonctions de direction, d'administration, d'encadrement, de conception, d'animation, d'évaluation et de coordination. En cohérence avec ce positionnement une nouvelle grille indiciaire a été élaborée, avec un relèvement significatif des indices sommitaux des trois grades et une revalorisation indiciaire pour une large majorité d'échelons. L'indice sommital du grade de directeur hors classe émarge ainsi, en linéaire, en hors échelle lettre B (contre HEA contingenté à ce jour) ; l'indice sommital du grade de directeur principal est classé au 1er chevron de la HEA (contre un indice brut 1015 à ce jour) ; et le grade de directeur culmine à l'indice brut 985 (contre un indice brut 821 à ce jour). Ces évolutions se traduisent par conséquent par des gains indiciaires significatifs. Deux décrets modifiant le statut particulier et l'échelonnement indiciaire du corps ont été publiés au Journal officiel du 27 décembre 2025 pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2026 (décret n° 2025-1329 du 26 décembre 2025 modifiant le statut particulier du corps des directeurs des services de greffe judiciaires et décret n° 2025-1331 du 26 décembre 2025 modifiant le décret n° 2015-1277 du 13 octobre 2015 fixant l'échelonnement indiciaire applicable aux membres du corps des directeurs des services de greffe judiciaires, aux emplois de directeur fonctionnel des services de greffe judiciaires, aux membres du corps des greffiers des services judiciaires et aux emplois de greffier fonctionnel des services judiciaires). Plusieurs mesures de gestion viendront accompagner cette réforme afin de renforcer l'attractivité du corps : relèvement du taux de promotion à 9 % contre 7 % auparavant pour l'accès au grade de directeur principal, , facilitation de l'avancement au grade de directeur principal sans exigence systématique de mobilité, élargissement des fonctions éligibles au grade de directeur hors classe, ainsi qu'un assouplissement des conditions d'accès aux emplois de directeur fonctionnel des services de greffe. Cette réforme ouvre également la possibilité pour l'ensemble des directeurs des services de greffe d'accéder aux plus hauts emplois de direction du ministère de la Justice (EDMJ), les emplois des groupes 1 et 2 étant réservés aux corps culminant au moins en HEB ou aux agents ayant été détachés sur un emploi culminant en HEB. L'ensemble de ces mesures traduit l'engagement résolu du Gouvernement en faveur d'une reconnaissance des directeurs des services de greffe judiciaires, et plus généralement du rôle complémentaire de l'ensemble des magistrats et fonctionnaires au service du bon fonctionnement de la chaîne judiciaire.