Jean-Pierre Farandou,
Ministère du travail et des solidarités •
31 mars 2026La lutte contre le travail illégal, en particulier contre les faux statuts ayant pour effet de priver les salariés de leurs droits, constitue une priorité pour le Gouvernement, comme en témoignent le plan national de lutte contre le travail illégal 2023-2027 et le plan national d'action de l'inspection du travail. Ces plans ont pour but de coordonner l'action des corps de contrôle, en particulier de l'inspection du travail, pour assurer le respect du droit du travail qui encadre strictement les opérations de prestation de service afin de prévenir les situations de prêt illicite de main-d'œuvre et de garantir la protection des travailleurs. Ainsi, plusieurs critères, établis par la jurisprudence, doivent être réunis pour qu'une opération de prestation de service soit licite et ne dissimule pas, en réalité, une opération exclusive de prêt de main d'œuvre illicite. Parmi ces critères, le prestataire doit être le seul employeur du personnel utilisé, géré et rémunéré par lui, qu'il encadre et dirige dans l'accomplissement de sa tâche et qui demeure soumis à sa seule autorité. Ainsi, le personnel du sous-traitant ou du prestataire de service ne doit pas être intégré de fait chez le donneur d'ordre. Ces situations, susceptibles de constituer des infractions de travail dissimulé, marchandage et prêt illicite de main d'œuvre, peuvent donner lieu à de lourdes sanctions pénales et administratives prévues par le code du travail. Les personnes intéressées disposent de voies de recours pour faire valoir leurs droits devant le conseil de prud'hommes et les organisations syndicales représentatives et ont également la faculté d'agir en justice. En outre, les services de l'inspection du travail peuvent être saisis de signalements et procéder aux contrôles nécessaires dans le cadre de leurs compétences qui seront susceptibles de donner lieu à la transmission de procès-verbaux à l'autorité judiciaire. En effet, l'appréciation de la qualification juridique des relations de travail relève du pouvoir souverain du juge qui examine, au cas par cas, les conditions concrètes d'exécution de la prestation. Ainsi, il lui appartient de donner aux relations entre entreprises leur qualification juridique exacte, indépendamment des stipulations contractuelles retenues.