Vincent Jeanbrun,
Ministère de la ville et du logement •
24 févr. 2026Depuis 2017, le Logement d'abord constitue l'axe central de la politique de lutte contre le sans-abrisme mise en place par le Gouvernement. Avec plus de 710 000 personnes ayant accédé au logement depuis la rue ou l'hébergement depuis le 1er janvier 2018, le Logement d'abord a transformé en profondeur le système de prise en charge des personnes sans domicile, qui sont dorénavant orientées en priorité directement vers le logement. Pour répondre aux situations les plus urgentes, les services de l'État mettent également tout en œuvre pour garantir chaque jour une prise en charge prioritaire des publics les plus vulnérables afin de leur proposer une solution d'hébergement. Cet engagement s'est traduit par une augmentation de 50 % du budget dédié à l'hébergement d'urgence entre 2017 et 2025, qui s'élève aujourd'hui à plus de 2,2 milliards d'euros. Depuis mars 2020, 40 000 nouvelles places ont ainsi été créées, portant le parc à un niveau historique de 203 000 places, ouvertes chaque soir pour assurer la mise à l'abri des personnes sans domicile. Depuis cinq ans, le Gouvernement a ainsi fait le choix de maintenir le parc à ce niveau, en dépit des contraintes budgétaires. Pour renforcer l'efficacité de ces dispositifs et prévenir la dégradation des situations, les effectifs des Services Intégrés de l'Accueil et de l'Orientation (SIAO) – en charge du 115 et des maraudes – ont doublé depuis 2017, permettant d'intensifier le repérage, l'évaluation et la prise en charge des personnes sans-abri. En dépit de ces efforts, certains territoires restent confrontés à des difficultés structurelles. C'est le cas de Montpellier, où la crise du logement abordable se conjugue à des dynamiques démographiques locales complexes. La forte pression sur le parc privé – caractérisé par des loyers particulièrement élevés – ainsi que le faible taux de rotation des logements du parc social freinent l'accès au logement depuis la rue ou l'hébergement et compliquent la mise en œuvre de l'action de l'État, en lien avec les collectivités et les associations du secteur. En Occitanie comme sur l'ensemble du territoire, nul ne peut se satisfaire de la hausse des demandes de mise à l'abri adressées au 115, ni de la persistance de situations de familles sans solution d'hébergement. Ainsi, chaque semaine de décembre 2025, 2 394 demandeurs ont sollicité un hébergement dans la région, parmi lesquels 330 personnes jusque-là inconnues des services du SIAO. Pour répondre à la pression exercée sur le parc d'hébergement, l'État agit de manière résolue dans le département de l'Hérault, où 1 184 nouvelles places d'hébergement d'urgence ont été ouvertes depuis 2017, soit une augmentation de +84 % en 7 ans, qui a permis de porter le parc départemental à 2 592 places. Dans le cadre du contrat local des solidarités, plusieurs mesures ont également été financées pour assurer une coordination des actions menées localement et éviter les ruptures de parcours des familles entre les différentes opérations de mises à l'abri. Il peut également être souligné qu'au cours de la vague de froid qui a touché le territoire métropolitain en décembre 2025 et janvier 2026, la préfecture de l'Hérault s'est particulièrement mobilisée pour répondre aux besoins des personnes sans-abri. Ainsi, les services de l'État, en lien avec les collectivités locales et les associations, ont procédé à l'ouverture de 65 places d'hébergement temporaires à partir du 6 janvier et jusqu'à la fin de la vague de froid (50 à Montpellier et 15 à Sète). Les effectifs des maraudes ont également été renforcés et leurs horaires élargis pendant la période afin de protéger les plus vulnérables. Les services déconcentrés de l'État sont ainsi pleinement mobilisés, chaque jour, aux côtés des collectivités territoriales, notamment Montpellier Méditerranée Métropole et le conseil départemental de l'Hérault, pour apporter des réponses concrètes à ces situations de grande précarité.