Annie Genevard,
Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire •
14 avr. 2026La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale des bovins, classée en catégorie A par l'Union européenne (UE) (règlement UE 2016/429). Cela implique l'application de mesures sanitaires strictes et obligatoires, incluant l'abattage total des troupeaux infectés, afin d'éviter une propagation incontrôlée du virus sur le territoire. Transmise par des insectes vecteurs (taons et mouches piqueuses), la DNC entraîne des pertes économiques majeures pour les éleveurs dont les troupeaux sont touchés par la maladie, mais aussi pour les éleveurs des zones réglementées autour des foyers qui subissent des restrictions. Bien que non transmissible à l'Homme, son éradication est une priorité absolue pour préserver la santé animale et la filière bovine française. Depuis son émergence en France en juin 2025, l'État a mis en œuvre une stratégie d'éradication de la DNC alignée sur les normes européennes. La stratégie française validée par le comité national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale dès le 16 juillet 2025 combine : - dépeuplement des unités épidémiologiques infectées ; - vaccination massive et obligatoire dans les zones réglementées et en zones vaccinales ; - biosécurité, avec restrictions aux mouvements des animaux Il est important de préciser que les trois pays de l'UE touchés depuis l'été 2025 appliquent la même stratégie fondée sur ces trois piliers. La vaccination mise en œuvre dans le cadre de la lutte contre la DNC repose sur l'utilisation d'un vaccin vivant atténué, autorisé de manière temporaire au niveau européen dans un contexte d'urgence sanitaire. Ce vaccin a fait l'objet d'une évaluation scientifique préalable par les autorités compétentes, notamment l'agence européenne des médicaments, qui ont conclu à son innocuité pour la santé animale et à l'absence de risque pour la santé humaine. S'agissant du lait, aucune donnée scientifique ne met en évidence la présence de résidus de vaccin ou de virus vaccinal dans le lait des animaux vaccinés. La protection conférée aux veaux par l'ingestion du colostrum et du lait maternel repose sur le transfert d'anticorps, et non sur le passage du virus vaccinal lui-même. En conséquence, le lait issu de vaches vaccinées peut être collecté et commercialisé sans restriction particulière, dans le respect de la réglementation sanitaire en vigueur. Concernant la viande, les études disponibles montrent que le vaccin ne génère pas de résidus dans les tissus musculaires des animaux vaccinés. La dose administrée, identique quel que soit l'âge ou le poids de l'animal, a été définie sur la base de données d'efficacité et de sécurité, et n'entraîne pas d'impact sur l'aptitude à la consommation de la viande, y compris celle des veaux. Aucun délai d'attente n'est requis entre la vaccination et l'abattage des animaux. Enfin, l'ensemble de la chaîne alimentaire reste soumis aux dispositifs habituels de contrôle officiel, tant à l'élevage qu'en abattoir, garantissant un haut niveau de sécurité sanitaire des denrées d'origine animale. Les autorités sanitaires nationales demeurent pleinement mobilisées pour assurer une surveillance continue des effets de la vaccination et pour adapter, le cas échéant, les mesures de gestion sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes.