En 2025, la santé mentale a été érigée en grande cause nationale, reflétant l'ampleur des troubles psychiques, qui concernent une personne sur cinq au cours de sa vie, qu'il s'agisse notamment de troubles dépressifs, anxieux, bipolaires ou de schizophrénie. Toutes les personnes atteintes de schizophrénie ne sont toutefois pas nécessairement en situation de handicap : avec un suivi médical adapté associant traitement médicamenteux, accompagnement psychothérapeutique et soutien social, certaines d'entre elles peuvent mener une vie relativement autonome. En effet, en application de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles, constitue un handicap, toute limitation d'activité ou de restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. Dès lors que l'appréciation du handicap se fonde sur l'environnement individuel, le seul diagnostic médical ne peut, à lui seul, permettre de qualifier automatiquement une situation de handicap. Ainsi, la schizophrénie peut être reconnue comme un handicap lorsqu'elle entraîne des limitations durables et substantielles des capacités cognitives, des interactions sociales ou de l'autonomie, rendant difficiles les actes de la vie quotidienne ou l'insertion professionnelle. Dans ce cadre, indépendamment de l'intitulé précis du diagnostic, toute personne dont les troubles ont un impact significatif sur la vie quotidienne peut saisir la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), qui procède à une évaluation individualisée de la situation afin de déterminer les droits et orientations les plus adaptés, tels que la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, l'allocation aux adultes handicapés, la prestation de compensation du handicap ou l'orientation vers des services et établissements médico-sociaux. Le taux d'incapacité, condition d'accès à certains droits ou prestations, est alors apprécié au regard des conséquences fonctionnelles de la maladie, en tenant compte notamment des troubles de la pensée, des hallucinations, des difficultés de concentration, de mémoire ou d'organisation ; un taux égal ou supérieur à 80 % pouvant être reconnu lorsque les limitations sont sévères et durables. Pour obtenir la reconnaissance d'un handicap lié à la schizophrénie et les aides nécessaires à la compensation des conséquences à ce handicap, il est alors nécessaire de constituer un dossier complet auprès de la MDPH. Les éléments renseignés dans le formulaire de demande CERFA doivent inclure la description de l'impact de la schizophrénie sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale afin d'illustrer les difficultés rencontrées, notamment sur le plan cognitif et émotionnel. Le dossier doit également comporter des éléments médicaux détaillés, tels qu'un certificat médical, des rapports de médecins ou de spécialistes ayant suivi la personne. Enfin, un questionnaire complémentaire dédié aux personnes dont le handicap est lié à des altérations de fonctions mentales, cognitives ou psychiques, peut également être joint au dossier de demande. Ce document composé d'une partie destinée au médecin et d'une partie destinée à la personne concernée est disponible sur le site Monparcoursduhandicap.gouv.fr. L'objectif du dossier de demande est de fournir à la MDPH une vision précise et individuelle de la manière dont le handicap, ayant pour origine la maladie, limite l'autonomie et les capacités, afin que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées puisse attribuer les droits, aides et accompagnements appropriés.