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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Économie-Entreprises
17 mars 2026
Matthieu Marchio
entreprises
M. Matthieu Marchio alerte M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la baisse préoccupante des projets d'implantation d'entreprises en France et sur le risque de décrochage économique qui en découle pour les territoires. Selon le baromètre annuel de l'attractivité des territoires le nombre de projets d'implantation d'entreprises recensés en France connaît un recul particulièrement marqué. Après un pic enregistré en 2021 avec 1 871 projets, les implantations ont diminué de manière continue pour atteindre 1 595 projets en 2024, avant de chuter à environ 1 305 projets en 2025, soit une baisse de 18 % en un an et le niveau le plus bas observé depuis 2019. Cette tendance concerne l'ensemble des secteurs économiques. Les projets dans la logistique reculeraient d'environ 26 %, ceux de l'industrie d'environ 10 %, tandis que les projets dans le secteur tertiaire diminuent également d'environ 8 %. Cette évolution est particulièrement préoccupante pour l'industrie, dont le nombre de projets continue de diminuer alors même que la réindustrialisation constitue un enjeu majeur pour la souveraineté économique du pays. Le nombre de projets industriels serait ainsi passé de 329 en 2024 à 295 en 2025. Plus largement, cette baisse des implantations semble traduire un climat d'attentisme croissant chez les investisseurs. Les porteurs de projets privilégieraient désormais davantage les extensions de sites existants plutôt que la création de nouvelles implantations, tandis que les projets de petite taille, générant moins de cinq emplois, deviendraient majoritaires. Plusieurs observateurs évoquent ainsi une économie marquée par une forme de prudence généralisée dans les décisions d'investissement. Au-delà de ces indicateurs conjoncturels, de nombreux acteurs économiques alertent également sur un phénomène plus préoccupant encore : l'affaiblissement progressif de l'esprit entrepreneurial en France. Le manque d'incitations à entreprendre, les obstacles administratifs multiples, la complexité normative, la fiscalité pesant sur l'activité économique et le manque de visibilité sur les politiques publiques constituent autant de freins qui découragent l'initiative, la prise de risque et la créativité économique pourtant indispensables au dynamisme et à l'innovation. Dans un contexte de concurrence économique internationale particulièrement forte, notamment avec les politiques industrielles très offensives menées par certains partenaires économiques, cette perte de dynamisme des investissements productifs en France suscite une inquiétude croissante parmi les acteurs économiques et les élus locaux. Dans ce contexte, il lui demande quelle analyse le Gouvernement fait de la baisse particulièrement marquée des projets d'implantation d'entreprises observée en 2025, quelles sont, selon lui, les causes précises de cette perte de dynamisme de l'investissement productif sur le territoire national, quelles mesures concrètes le Gouvernement entend mettre en œuvre afin de restaurer l'attractivité économique de la France et d'encourager l'implantation de nouvelles entreprises dans les territoires et enfin, quelles garanties peuvent être apportées afin d'éviter que ce recul des investissements ne conduise à un affaiblissement durable du tissu industriel et économique français, avec des conséquences directes pour l'emploi et l'activité dans les territoires.
↕️Tri
Le Gouvernement partage le constat de du baromètre de l'attractivité des territoires, puisqu'après des tendances très positives observées en 2022 et 2023, le baromètre industriel de l'État sur l'année 2024 mesurait pour la première fois un ralentissement effectif de la dynamique de réindustrialisation, avec un nombre d'ouvertures de sites industriels en baisse par rapport aux années précédentes, et, à l'inverse, une augmentation du nombre de fermetures. En 2025, la France continue d'ouvrir et d'agrandir plus d'usines qu'elle n'en ferme ou n'en réduit, le nombre d'ouvertures d'usines est stable par rapport à 2024, mais la tendance au ralentissement se poursuit de façon marquée avec un solde net d'ouvertures et d'extensions de +19 (hors baromètre ultra -marin), une baisse notable par rapport à 2024 (+ 88). Cette dynamique reste variable selon les secteurs ; l'industrie verte reste le secteur qui comptabilise le plus grand nombre d'ouvertures nettes (+26), suivie du secteur de la défense, de l'aéronautique et du spatial (+19) et de l'électronique (+12), en cohérence avec la politique de soutien menée sur ces filières innovantes. Les secteurs les plus innovants recensent de nombreuses ouvertures de petites et moyennes entreprises avec l'industrie verte associée à l'économie circulaire, l'aéronautique, le spatial, la défense et l'électronique qui tirent la dynamique industrielle. Les difficultés globales de l'industrie se confirment, en particulier pour l'industrie historique suite notamment à la crise de l'énergie, au climat géopolitique exigeant et à la concurrence internationale accrue, puisque les secteurs du transport, l'industrie chimique, mécanique ou encore la métallurgie connaissent des soldes d'usines négatifs. Ces difficultés s'expliquent par l'enchaînement de plusieurs crises, avec la guerre en Ukraine, la crise de l'énergie, de la COVID ainsi que par un climat géopolitique complexe. En effet, la dégradation du contexte international pèse fortement sur la dynamique des fermetures d'usines. La concurrence internationale accrue marquée par l'essor de surcapacités asiatiques, l'instauration de droits de douane par les États-Unis et la hausse des prix de l'énergie affecte la compétitivité des industriels français. Les difficultés qui en découlent se ressentent dans la dynamique des défaillances d'entreprises industrielles, qui continuent d'augmenter en 2025 dans (+ 3 % sur un an en janvier 2026). L'industrie se montre toutefois légèrement plus résiliente que l'économie dans son ensemble (+ 4 % sur un an en janvier 2026). A l'inverse, la dynamique positive d'ouvertures et d'extensions d'usines résiste, au même niveau que 2024. Cette dynamique de création devrait se poursuivre en 2026, comme le souligne le nombre d'autorisations et d'enregistrements d'installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) délivrés à des projets industriels qui se maintient en 2025 à un niveau similaire à celui de 2023 et 2024. De nombreux projets industriels continuent d'émerger soutenues par le crédit impôt pour l'industrie verte (dit « C3IV »), l'appel à projets « Première usine » du plan d'investissement France 2030, ou annoncées dans les dernières éditions de Choose France. Face à ce double constat, l'État continue de soutenir l'industrie française à l'échelon national via de nombreux dispositifs de financement. Plusieurs outils destinés à soutenir la création d'usines, récemment reconduits devrait se traduire par des créations de sites dans les prochains mois (reconduction du crédit d'impôt industrie verte, pérennisation de l'appel à projets « Première usine », extension de France 2030 régionalisé). Au niveau européen, l'État intensifie son action en faveur du soutien à la compétitivité de l'industrie via notamment la défense de la préférence européenne, la simplification des procédures ou encore le renforcement du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) pour contrer tout risque de contournement qui se ferait au détriment de nos industries européennes.
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