A la suite des Etats généraux de la justice, le ministère de la Justice a souhaité dynamiser le recours à l'amiable à travers différents leviers avec pour objectif d'insuffler un changement de culture, tant chez les praticiens du droit que chez les justiciables. Dans ce cadre, le décret n° 2023-357 du 11 mai 2023 a notamment réintroduit l'article 750-1 du code de procédure civile, qui impose, sous peine d'irrecevabilité de la demande, une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative avant saisine du tribunal judiciaire, lorsque la demande porte sur une somme inférieure à 5000 euros ou en matière de conflits de voisinage. Cette mesure vise à renforcer le caractère effectif des modes amiables de résolution des différends (MARD), et notamment de la conciliation, tout particulièrement dans des contentieux de proximité où elle possède une véritable plus-value. Poursuivant ce même objectif de valorisation des outils de l'amiable, le décret du 18 juillet 2025 portant réforme de l'instruction conventionnelle et recodification des MARD a généralisé la possibilité pour le juge d'enjoindre aux parties de rencontrer un conciliateur de justice, qui les informera sur l'objet et le déroulement de la conciliation. Ce même texte a également introduit la possibilité pour le juge de prononcer une amende civile, d'un montant maximum de 10 000 euros, à l'égard de la partie qui, sans motif légitime, ne défère pas à cette injonction. Cette amende civile vise non pas à contraindre les parties à s'engager dans une conciliation, celle-ci restant soumise à leur consentement, mais plus simplement à assister à une réunion d'information gratuite sur le déroulement de la conciliation. Elle constitue ainsi un vecteur d'incitation fort, dès lors que l'absence d'information qualitative sur les processus amiables constitue un frein à leur mise en œuvre concrète. Parallèlement, dans les suites du rapport de l'inspection générale de la justice, rendu public le 20 janvier 2026, intitulé « Les outils d'évaluation des dispositifs amiables en matière civile, commerciale et sociale », la Chancellerie travaille à la mise en place d'outils d'évaluation. La recherche d'indicateurs relatifs au taux de satisfaction des processus amiables ou de résurgence du litige est à l'étude dans ce cadre. S'agissant enfin des modalités de convocation, il apparaît préférable de les laisser à la libre appréciation du conciliateur, qui peut ainsi définir la modalité qui lui paraît la plus appropriée. Conformément à l'arrêté du 4 novembre 2020 relatif à l'indemnité forfaitaire destinée à couvrir les menues dépenses des conciliateurs de justice, ceux-ci perçoivent une indemnité forfaitaire annuelle d'un montant de 650 euros destinée à couvrir les dépenses de secrétariat, documentation, télécommunications, matériel informatique et également d'affranchissement. En outre, afin de pallier certaines difficultés, notamment liées à l'éloignement géographiques de parties, le décret du 18 juillet 2025 précité a prévu la possibilité pour le conciliateur de justice, s'il l'estime nécessaire, d'organiser la réunion d'information en recourant à un dispositif de communication audiovisuelle.