La situation sécuritaire en Martinique, comme dans l'ensemble des Antilles, constitue une priorité absolue du Gouvernement. La lutte contre la délinquance, la criminalité organisée et les trafics mobilise pleinement les forces de sécurité intérieure, confrontées à un niveau élevé de violence. La hausse de 17,5 % des homicides en Martinique en 2025 par rapport à 2024, ainsi que la persistance d'une tendance défavorable au premier semestre 2026, justifient la poursuite et le renforcement d'une réponse ferme, globale et durable. En 2025, les 1 500 policiers et gendarmes affectés en Martinique ont été renforcés par deux escadrons de gendarmerie mobile, contre un seul en 2024, soit 150 gendarmes supplémentaires. Le renforcement des moyens humains et matériels se poursuit. Dans ce cadre, le Gouvernement déploie le Plan d'urgence Antilles-Guyane, présenté le 3 juillet dernier à l'occasion de la Conférence régionale de sécurité de la Caraïbe. Ce plan repose sur une stratégie offensive visant à sécuriser les approches maritimes et aériennes, renforcer la présence des forces de sécurité sur le terrain, cibler les principaux acteurs du narcotrafic et agir sur les filières criminelles. En Martinique, cette stratégie se traduit notamment par la création d'une brigade nautique de gendarmerie à Saint-Pierre, dotée d'un navire et d'un intercepteur, avec une montée en puissance progressive des effectifs à compter d'août 2026, ainsi que par la création d'une unité nautique de la police nationale au port et le renforcement à venir des effectifs de la police aux frontières. Ces mesures complètent la réorganisation, engagée dès 2025, du dispositif de surveillance du littoral, dont près de 90 % relève de la compétence de la gendarmerie. Un escadron de gendarmerie mobile a notamment été pérennisé afin de renforcer les contrôles du trait de côte, en particulier face aux débarquements de stupéfiants en provenance ou à destination des îles voisines. Le contrôle des flux a également été renforcé. Une convention avec la Collectivité territoriale de Martinique prévoit l'installation de scanners millimétriques à l'aéroport Aimé-Césaire, ainsi que l'acquisition de deux équipements supplémentaires. Ces moyens permettent de renforcer significativement la détection des « mules à corps » et le contrôle des passagers à destination de l'Hexagone. Des financements ont également été mobilisés pour renforcer la vidéoprotection sur le territoire. La chaîne judiciaire et les capacités d'enquête ont parallèlement été renforcées. L'OFAST Caraïbe, implanté à Fort-de-France, bénéficie de 26 enquêteurs supplémentaires. Des groupes dédiés à la lutte contre les trafics d'armes et les vols à main armée ont été constitués au sein de la police nationale et de la gendarmerie. Un bureau de liaison « armes », associant police, gendarmerie et douane, a par ailleurs été créé début 2026. Le renforcement des capacités d'analyse balistique se poursuit avec la création annoncée, en Guadeloupe, d'un laboratoire balistique et d'un tunnel de tir au bénéfice des Antilles et de la Guyane. Ces moyens produisent d'ores et déjà des résultats significatifs. Depuis janvier 2025, 33 interceptions d'embarcations impliquées dans des trafics ont permis l'interpellation de 58 personnes et la saisie notamment de 566 kg de cocaïne, 170 kg de cannabis, 4 003 cartouches de cigarettes, 5 armes de poing, 1 846 munitions, 21 000 euros, 7 véhicules et 5 yoles. La réponse de l'État repose également sur une coopération renforcée avec les États voisins et les partenaires régionaux, notamment Sainte-Lucie, ainsi qu'avec la CARICOM. Les échanges de renseignement, exercices conjoints et actions de coopération opérationnelle sont développés, l'OFAST Caraïbe jouant un rôle central dans cette dynamique, en lien avec le réseau des services de sécurité intérieure des ambassades françaises dans la région. Ainsi, face à la persistance des menaces, le Gouvernement déploie une réponse à la fois répressive, préventive et structurelle, fondée sur le renforcement des moyens, la sécurisation des flux, le démantèlement des réseaux criminels et l'intensification de la coopération régionale. Cette mobilisation a vocation à se poursuivre et à se renforcer afin d'assurer durablement la sécurité des Martiniquais.