Laurent Nunez,
Ministère de l'intérieur •
10 mars 2026Depuis plusieurs mois, la région de Dunkerque est confrontée à une hausse sensible du nombre de migrants. Ces étrangers, souvent en attente d'une opportunité de traversée vers le Royaume-Uni, circulent régulièrement entre les campements informels, les structures d'aide humanitaire et les points du littoral pouvant offrir une occasion de traverser clandestinement le bras de mer séparant la France des côtes britanniques. Dans l'agglomération de Dunkerque, les transports publics sont devenus un moyen de déplacement privilégié pour ces personnes, en particulier, du fait de sa gratuité, le réseau de transports en commun de la communauté urbaine de Dunkerque. Certaines lignes d'autobus ont ainsi pu apparaître saturées par un afflux important de migrants, notamment à certaines heures. Il en est ainsi, par exemple, de la ligne C4 du réseau reliant Dunkerque à Gravelines via l'arrêt « Puythouck », tout proche d'un campement illicite. Bien que la majorité des incidents signalés ne constitue pas des infractions et ne relève notamment pas de faits de violences, la présence en nombre de migrants, parfois accompagnée de tensions verbales ou d'attitudes perçues par certains voyageurs comme intrusives, alimente un sentiment d'insécurité chez certains. Face à cette situation, la communauté urbaine de Dunkerque a doublé la ligne C4 et mis en place des médiateurs. L'État a également pris des mesures. Ainsi, la brigade de sécurité des transports publics du commissariat de Dunkerque assure quotidiennement une présence visible sur les lignes et aux principaux arrêts fréquentés par les migrants. Afin de rassurer les usagers et de prévenir tout comportement de nature à provoquer des troubles, cette brigade a été renforcée par des réservistes opérationnels de la police nationale. Le nombre de patrouilles quotidiennes dans les autobus a ainsi pu être augmenté. En tout état de cause, la lutte contre l'immigration clandestine est une des priorités du ministre de l'intérieur. Les préoccupations que la situation migratoire peut susciter parmi les habitants sont également prises en compte. Pour assurer ses missions en matière d'immigration clandestine mais aussi ses missions de sécurité du quotidien et de lutte contre la criminalité organisée, la direction interdépartementale de la police nationale du Nord peut s'appuyer sur plus de 5 500 policiers, auxquels s'ajoutent plus de 900 réservistes.