💬Prix des carburantsMme la présidente. La parole est à M. Édouard Jordan.
M. Édouard Jordan. Monsieur le ministre de l'économie, c'est un véritable honneur de succéder dans cet hémicycle à M. Christophe Barthès
(Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR), élu maire de Carcassonne, pour défendre nos compatriotes, qui voient le prix des carburants atteindre des niveaux absolument insupportables ! Il ne s'agit pas seulement de chiffres mais de vies concrètes : celle de travailleurs qui n'ont d'autre choix que de prendre leur voiture chaque jour, celle de familles contraintes de réduire leurs dépenses ou d'annuler leurs vacances, celle aussi d'entreprises, de salariés, d'agriculteurs fragilisés par l'explosion des coûts de transport.
Dans les territoires ruraux, comme l'Aude, la situation est encore plus critique. La voiture y est une nécessité. On ne choisit pas de rouler : on y est contraint, et chaque hausse du prix à la pompe est une sanction directe infligée au pouvoir d'achat.
Pourtant, face à cette urgence, votre gouvernement se contente de mesures ponctuelles, temporaires et très insuffisantes. Vous refusez de vous attaquer à la racine du problème, c'est-à-dire à une fiscalité confiscatoire et à l'absence totale d'une vision de la politique à mener pour protéger durablement le pouvoir d'achat des Français.
Nous, députés du groupe Rassemblement national, le disons clairement : il est possible d'agir en baissant la TVA applicable aux carburants de 20 % à 5,5 %. Cela représenterait un manque à gagner de 15 milliards d'euros, soit 1 % de la dépense publique, qui pourrait être largement compensé par de nombreuses économies, notamment sur le train de vie de l'État, sur la contribution au budget de l'Union européenne et, bien sûr, sur l'immigration.
(« Ah ! » sur quelques bancs du groupe Dem. – Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)M. Jean-René Cazeneuve. Bien sûr ! Et n'oublie pas de citer Marine Le Pen dans ta question !
M. Édouard Jordan. Nous pouvons en finir avec cette spirale qui pénalise les plus modestes et abandonne les territoires ruraux. Les solutions existent. Aujourd'hui, avec Marine Le Pen
(Exclamations et sourires sur quelques bancs des groupes SOC et Dem) et Jordan Bardella, nous… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l'orateur. – Les députés des groupes RN et UDR applaudissent ce dernier.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le député, bienvenue à l'Assemblée nationale. Je note qu'au Rassemblement national, les députés passent mais les bonnes habitudes ne se perdent pas
(Applaudissements et sourires sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR) : misérabilisme, exagérations, contrevérités et solutions totalement inopérantes ! (Protestations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)
La crise énergétique est une réalité pour nombre de nos concitoyens. Mais baisser la TVA coûte une fortune…
M. Emeric Salmon. Non !
M. Roland Lescure, ministre. …et ne répond que très partiellement au problème, puisqu'une telle mesure aiderait des gens qui n'en ont aucun besoin tandis que son effet serait insuffisant sur ceux qui sont en première ligne.
M. Laurent Jacobelli. Tu es « maboul » !
M. Roland Lescure, ministre. Monsieur Jacobelli – qui faites des gestes à la limite de la décence attendue dans un parlement –, vous savez que les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs routiers, que nous aidons régulièrement,…
M. Sébastien Chenu. Tu ne les fréquentes pas ! Quel mépris !
M. Roland Lescure, ministre. …ne paient pas la plupart des impôts que vous mentionnez. La baisse de la TVA ne leur servirait à rien ! En revanche, un certain nombre de cadres dirigeants – j'ai compris que vous étiez maintenant les copains des patrons ! –, qui ne nous demandent rien parce qu'ils n'ont pas de problème de pouvoir d'achat, en bénéficieraient.
Je passe sur le fait que la diminution de la TVA suscite évidemment des pertes en ligne : quand elle baisse, un certain nombre de marges augmentent et, quand elle remonte, les marges augmentent également !
M. Sébastien Chenu. N'importe quoi ! Tu as ruiné la France !
Mme Marine Le Pen. Joseph Lescure !
M. Roland Lescure, ministre. Monsieur le député, vous venez d'arriver. Travaillez !
(Protestations vives et prolongées sur les bancs des groupes RN et UDR.)M. Emeric Salmon. C'est honteux !
M. Roland Lescure, ministre. Essayez de nourrir votre groupe d'idées un peu meilleures, qui se distinguent des autres et soient dotées de quelque efficacité !
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Les vives protestations se poursuivent, empêchant un temps l'orateur suivant de prendre la parole.)M. Emeric Salmon. C'est honteux de dire ça ! Ça fait douze ans que tu es là et tu n'as rien foutu ! Tu es nul ! Va bosser un peu !
M. Sébastien Chenu. Vous êtes des incapables depuis des années !
Mme Marine Le Pen. Mal élevé !