QUARTIER D'AFFAIRES DE LA DÉFENSE
M. le président. La parole est à Mme Constance Le Grip, pour exposer sa question, no 699, relative au quartier d'affaires de La Défense.
Mme Constance Le Grip. Ma question porte sur l'avenir du quartier d'affaires de La Défense, situé dans ma circonscription des Hauts-de-Seine.
Premier quartier d'affaires d'Europe, La Défense est confrontée à des défis majeurs, nés de mutations profondes : nouveaux modes de travail, nouvelles organisations au sein des entreprises, développement du télétravail, vacance des bureaux, fragilisation de l'activité commerciale et de la restauration en raison notamment de nouveaux usages de consommation, vieillissement de certains équipements et de certaines tours. Ces évolutions poussent à s'interroger sur l'attractivité et le modèle économique de La Défense, dans un contexte également marqué par de forts enjeux de décarbonation et de transition écologique.
Le Gouvernement avait confié à M. Jérôme Bédier une mission de réflexion sur l'avenir de La Défense. D'après les éléments que nous avons pu glaner, son rapport, remis au premier ministre, propose de repenser en profondeur le modèle, notamment par une diversification des usages.
D'autres travaux ont été menés ; je pense notamment au rapport de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France en 2025, ainsi qu'aux réflexions de M. Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine et vice-président du conseil départemental des Hauts-de-Seine. Ce dernier a consacré plusieurs travaux à la crise des quartiers d'affaires en France et en Europe, en se focalisant sur La Défense, et la présidente de région, Mme Valérie Pécresse, vient de lui confier une mission sur le sujet.
Pour M. Fromantin, la crise que connaît La Défense est non pas conjoncturelle, mais structurelle. Elle s'inscrit dans une transformation profonde des cycles économiques, des formes urbaines et des logiques de production de valeur. Ainsi, nous ne reviendrons pas au niveau d'occupation des bureaux d'avant la pandémie. Il s'agit d'une remise en cause de l'immobilier de bureaux, ainsi que de la conception même de la centralité urbaine. M. Fromantin appelle à dépasser le modèle centre-périphérie pour aller vers un système polycentré.
Les interrogations quant à l'avenir de ce quartier sont donc légitimes ; son usage ne peut plus être monofonctionnel – uniquement dédié aux bureaux – mais doit devenir multifonctionnel. Les conclusions du rapport de M. Bédier comme les premiers travaux de M. Fromantin convergent vers une perspective forte, que je partage : faire de La Défense un lieu d'attractivité et d'innovation fondé sur la culture et sur la connaissance. On reviendrait ainsi à l'idée d'André Malraux, qui, dès 1964, imaginait La Défense adossée à un grand projet culturel. On pourrait envisager, par exemple, d'exposer certaines collections importantes du Centre Pompidou ou du musée d'Orsay qui dorment actuellement dans les réserves.
Quelles sont les réflexions du Gouvernement, et quelles orientations entend-il dégager pour l'avenir de ce quartier important pour l'Île-de-France et pour notre pays ? Quelles sont les pistes en matière de gouvernance, notamment concernant la pérennisation de l'opération d'intérêt national (OIN) ?
M. le président. La parole est à M. le ministre de la ville et du logement.
M. Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement. Merci pour votre question, qui concerne un enjeu national majeur. Vous avez raison, l'avenir du quartier d'affaires de La Défense concerne tout notre pays : c'est le premier quartier d'affaires européen, le quatrième au monde.
Comme vous l'avez justement souligné, La Défense connaît un taux de vacance important, mais cette situation touche la plupart des quartiers d'affaires mondiaux, frappés par les nouveaux usages. La période post-covid a profondément transformé le monde du travail et renforcé le télétravail, ce qui pose de nombreux défis.
Je me réjouis que les gouvernements successifs se soient saisis de ce sujet et aient lancé plusieurs missions et rapports, parmi lesquels celui de M. Bédier, présenté au premier ministre. Ce rapport est ambitieux : il propose de diversifier les activités pour que La Défense ne soit plus seulement un quartier d'affaires, mais qu'il devienne un quartier de loisirs, de culture, un quartier événementiel. Ces pistes sont intéressantes et doivent désormais être partagées avec l'ensemble des parties prenantes.
Le président du département, M. Georges Siffredi – avec qui j'ai pu en discuter –, est pleinement mobilisé. Nous avons également rencontré les élus locaux ; j'ai échangé récemment avec M. Jacques Kossowski, maire de Courbevoie, afin de réfléchir ensemble à la transformation et à la pérennisation du quartier.
Vous l'avez rappelé, l'OIN finançait jusqu'ici son fonctionnement grâce à la vente de charges d'aménagement. Or le quartier est désormais largement structuré ; nous arrivons au bout de sa capacité d'aménagement et de création de nouveaux mètres carrés de bureaux. Nous devons donc changer de modèle, sans quoi l'opérateur principal qui gère le quartier pourrait se retrouver en difficulté financière.
Il est encore un peu tôt pour vous présenter la solution définitive, mais je peux vous assurer que le gouvernement est pleinement mobilisé aux côtés des acteurs locaux pour pérenniser ce joyau national qu'est La Défense.
M. le président. La parole est à Mme Constance Le Grip.
Mme Constance Le Grip. Je vous remercie, monsieur le ministre. Je ne doute pas de votre implication, y compris personnelle. Je sais que vous vous êtes rendu récemment à La Défense et que vous connaissez bien ce dossier. Nous comptons sur le gouvernement.