Éric CoquerelMinistre du budget en exercice, elle est l'artisane – et c'est son rôle – des deux derniers projets de la loi de finances, ainsi que de celui à venir.
Or jamais personne n'est passé de la tête du ministère des comptes publics à celle de la plus haute autorité de contrôle des comptes de la nation.
Jamais une personne, ministre des comptes publics six mois auparavant, n'a donné à l'automne un avis sur le budget qu'elle a elle-même préparé. Difficile d'être davantage juge et partie !
Jamais personne n'a été nommé pour une durée potentielle de vingt-sept ans à un poste structurant pour la juridiction, notamment en matière de nominations.
Avec cette nouvelle nomination – et peut-être d'autres à venir –, comment ne pas s'interroger sur un cadenassage des institutions indépendantes avant 2027 ? On parle notamment d'un très proche du chef de l'État pour prendre prochainement la tête de la Banque de France.
Ce qui gangrène les institutions, ce ne sont pas les oppositions qui exercent leurs droits, mais bien des nominations comme celle-ci. Il vous incombe de convaincre le chef de l'État de jouer son rôle constitutionnel, celui de veiller au respect de notre loi fondamentale et d'assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Cela commence par l'indépendance et la crédibilité de la Cour des comptes !