Emmanuel Duplessy Madame la ministre chargée de l'énergie, gouverner, c'est prévoir. Depuis des années, nous vous répétons qu'il faut accélérer massivement le déploiement des énergies renouvelables pour produire chez nous une énergie moins chère et plus stable. Nous répétons qu'il faut décarboner notre économie et nos modes de déplacement afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Nous répétons qu'il faut rénover des millions de logements pour réduire durablement les factures des ménages. Nous répétons, enfin, qu'il faut structurer une véritable politique de sobriété.
Malgré nos alertes répétées, vous n'avez pas anticipé, vous n'avez rien protégé. Au contraire, vous avez préféré multiplier les budgets d'austérité qui tournent le dos à la bifurcation écologique, à notre souveraineté et à l'avenir. Aujourd'hui, la réalité de nos dépendances vous rattrape. La guerre illégale au Moyen-Orient fait flamber les prix de l'énergie et, comme toujours, ce sont les Français qui paient les factures. Cette crise révèle votre échec, qui met notre pouvoir d'achat, la compétitivité de nos entreprises et notre souveraineté à la merci des crises internationales.
Il est maintenant de votre responsabilité d'assumer les conséquences de votre immobilisme : il faut d'urgence mettre en place des aides ciblées pour celles et ceux qui sont les plus exposés à la hausse des coûts de carburant. Je pense aux habitants des territoires ruraux, aux petites entreprises et aux travailleurs dépendants de la route comme les aides à domicile, les infirmières, les artisans et les agriculteurs. Il faut également accompagner rapidement les ménages à faibles revenus, déjà victimes de la crise sociale, vers des solutions qui leur permettent de faire face à cette hausse et de réduire durablement leur dépendance aux énergies fossiles.
Pour financer ces mesures, il y a des pistes : tournez-vous vers les profiteurs de guerre et leurs surprofits, saisissez-vous des leviers de solidarité. Les entreprises pétrolières et gazières pourraient enregistrer cette année plus de 63 milliards de bénéfices supplémentaires ; il est temps d'envisager des mesures d'urgence et des politiques…