Marie Pochon En moins de trois semaines, le gaz a bondi de 50 %, le pétrole de 27 %, et l'essence dépasse désormais 2 euros le litre en France.
Chez moi, à Buis-les-Baronnies, à Tulette ou à Peyrus, ce sont des aides à domicile, des artisans, des agriculteurs, des taxis, pourtant également transporteurs sanitaires, qui galèrent ; des familles qui ne partent plus en vacances ; des rendez-vous que l'on décale ; l'isolement qui se renforce ; les stocks que l'on fait pour la suite ; un logement qu'on ne chauffe plus « en attendant que ça aille mieux ». On s'inquiète et des bombes qui pleuvent et du prix des courses du lendemain – en attendant que ça aille mieux.
Mais vous le savez comme moi : pour les classes populaires, ça n'est pas allé mieux après la crise des gilets jaunes. Et ça n'ira pas mieux non plus demain. Tant que notre alimentation, notre chauffage, nos capacités de production et nos moyens de déplacement dépendront de ce qui se passe à l'autre bout du monde, ça n'ira pas mieux. Tant que vous laisserez TotalEnergies faire la loi dans le pays en choisissant comme bon lui chante de plafonner ou non ses prix à la pompe, ça n'ira pas mieux. Il est là, le vrai enjeu de la souveraineté nationale.
Pourtant, pour certains, ça va toujours, et même de mieux en mieux : les multinationales des fossiles, qui accumulent plus de 2,5 milliards d'euros de superprofits en Europe pour le seul mois de mars. Plus de 1 milliard pour TotalEnergies pour avoir acheté des stocks au plus bas et les avoir revendus à prix d'or !