Gérault Verny Le passage à la pompe est devenu un moment d'angoisse pour des millions de Français partout en France – ceux qui vivent loin des centres-villes, ceux qui déposent leurs enfants à l'école, ceux qui prennent leur voiture pour travailler, ceux qui n'ont pas le choix. Ce qu'ils ont trouvé ce matin, c'est un gazole autour de 2,30 euros le litre, ou, autrement dit, un plein d'essence 30 euros plus cher qu'il y a quarante jours. Pour un salarié qui parcourt 50 kilomètres par jour, cela équivaut à 100 euros de moins par mois dans son budget.
Face à cette augmentation, qu'avez-vous proposé ? Des aides ciblées, des guichets, des annonces et, maintenant, un prêt Flash carburant. Mais un prêt n'efface pas un surcoût, un prêt ne baisse pas un prix et un prêt, c'est une dette de plus ! Les Français n'attendent pas de l'État qu'il invente chaque jour un nouveau dispositif mais qu'il arrête d'ajouter de la complexité aux difficultés.
Oui, la hausse du prix du pétrole s'explique par les tensions internationales, mais la hausse du prix du carburant s'explique, elle, surtout par la hausse des taxes ! En matière d'énergie, l'État a construit une usine à gaz fiscale qui amplifie la hausse au lieu de l'amortir. La vérité, c'est que le gazole coûte 1 euro le litre et que le reste, c'est de la taxe !
Vous avez affirmé avec assurance que la hausse des prix des carburants ne fournissait à l'État aucune recette supplémentaire. Pourtant, le premier ministre a lui-même reconnu l'existence d'un surplus de TVA, qu'il entend affecter à l'électrification de l'économie. Autrement dit, pendant que les Français paient chaque plein plus cher, l'État, lui, encaisse davantage ! Ce surplus est estimé à 270 millions d'euros pour le seul mois de mars. C'est bien la preuve que cette crise qui étrangle les ménages génère une recette supplémentaire pour l'État !
Monsieur le ministre, puisque vous vous êtes trompé, quand renoncerez-vous enfin à ces mesures illisibles ? Quand prendrez-vous la décision qu'attendent tous les Français, à savoir baisser pour tous la fiscalité sur les carburants au lieu de faire payer à la pompe votre refus de réduire la dépense publique ?