Laurent AlexandreMonsieur le ministre de l'économie, vous aviez prédit que les tarifs des carburants allaient baisser : il n'en est rien. Personne ne sait s'il y aura un retour à la normale, ni quand. Dans ce contexte, les chèques énergie et les prêts à 3,8 % pour les TPE-PME ne suffisent pas.
Le litre de gazole approche désormais les 2,50 euros. Le prix du GNR, utilisé par les agriculteurs, a doublé en un mois, alors même que s'ouvre la période de semence, d'ensilage et de fauchage. Beaucoup de Français n'ont pas d'autre choix que d'utiliser la voiture chaque jour : tout le monde ne vit pas à proximité d'une station de métro ; tout le monde n'a pas les moyens d'acheter une voiture électrique.
Des millions de Français se lèvent chaque jour et prennent leur voiture pour aller travailler : artisans, taxis, livreurs, aides à domicile ou infirmières. Certains sont à la limite de cesser leur activité. Ils vous demandent de faire votre travail de gouvernement : agissez pour les protéger !
Nous proposons le blocage immédiat des prix à leur niveau d'avant-guerre, c'est-à-dire le retour à 1,70 euro le litre de gazole. Votre entêtement à le refuser est irrationnel.
Les Français n'ont pas les moyens de payer la facture des dividendes des pétroliers. Total et les autres, oui ! En mars dernier, Total a dégagé 1 milliard de superprofits en spéculant sur la flambée des prix.
Arrêtez d'agiter des peurs pour justifier votre inaction ! La France a déjà bloqué les prix à la pompe en 1990, pendant la guerre du Golfe : il n'y a pas eu de pénurie. Les pétroliers continueront à vendre à la France, qui compte plus de 45 millions de véhicules en circulation.
Soyez raisonnables ! Allez-vous enfin bloquer les prix du carburant ?