Édouard BénardMa question s'adresse à M. le ministre de l'économie. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les Français craignent le retour à la pompe tant ils paient au prix fort leur carburant – 2,05 euros, 2,12 euros ou encore 2,20 euros le litre : les exemples ne manquent pas. Pendant ce temps, les grandes compagnies pétrolières engrangent des profits considérables. TotalEnergies a ainsi réalisé 5,8 milliards de dollars de bénéfice net au premier trimestre 2026, soit 51 % de plus qu'un an auparavant. BP, de son côté, a annoncé 3,2 milliards de dollars de bénéfice trimestriel ajusté – plus du double du chiffre de l'an dernier ! –, grâce notamment à son trading pétrolier.
À l'échelle européenne, une étude estime que les compagnies pétrolières ont généré 81,4 millions d'euros de surprofits par jour – par jour ! –, dont 11,6 millions en France.
D'autres pays européens ont agi. Ils débattent de dispositifs contraignants ou les ont déjà instaurés – encadrement des marges, baisse ciblée de fiscalité ou encore taxation des surprofits.
Et en France ? Malgré les déclarations que M. le premier ministre a faites hier ici même, on se contente timidement d'appels à la modération et d'engagements volontaires des compagnies pétrolières, lesquelles n'hésitent même pas à brandir des menaces pour le cas où l'on taxerait les profits exceptionnels qu'elles ont réalisés du fait de la guerre au Moyen-Orient. Vous refusez de bloquer les prix des carburants, au prétexte d'éviter que les pétroliers ne détournent leurs stocks vers l'étranger. Résultat : ils redirigent déjà deux fois plus de bénéfices qu'à l'ordinaire vers des paradis fiscaux.
Ma question est simple. Nous incarnons une opposition constructive, responsable, force de proposition et de compromis. Quand imposerez-vous enfin, en responsabilité, un blocage temporaire des prix à la pompe et un encadrement strict des marges sur toute la chaîne, du raffinage à la distribution, pour que les Français ne soient plus contraints de financer chaque jour les marges indues des compagnies pétrolières ? En d'autres termes, comptez-vous mettre un terme à ce gavage « Total » ?