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🧭Gouvernement Lecornu II
Sébastien Lecornu
, Premier ministre
Laurent Nunez
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère des armées et des anciens combattants
Jean-Pierre Farandou
, Ministère du travail et des solidarités
Monique Barbut
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Roland Lescure
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Édouard Geffray
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture
Stéphanie Rist
, Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Catherine Pégard
, Ministère de la culture
Naïma Moutchou
, Ministère des outre-mer
Françoise Gatel
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Amélie de Montchalin
, Ministère de l'action et des comptes publics
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics
Philippe Baptiste
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Marina Ferrari
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Philippe Tabarot
, Ministère des transports
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement
🤔Fraudes dans les dispositifs de soutien aux énergies renouvelables
Sandra Delannoy
24 mars 2026énergie et carburants
Mme Sandra Delannoy interroge M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les carences persistantes de l'État dans la détection, le suivi et la sanction des fraudes aux dispositifs de soutien aux énergies renouvelables financés par les charges de service public de l'énergie (SPE). Dans son rapport de mars 2026, la Cour des comptes relève que, malgré un coût cumulé de 26,3 milliards d'euros entre 2016 et 2024 et des engagements hors bilan atteignant 87 milliards d'euros à fin 2024, l'État ne dispose toujours pas d'une vision consolidée des irrégularités affectant ces dispositifs. Elle souligne en particulier l'absence de bilan national des contrôles, le caractère lacunaire du suivi des anomalies signalées, ainsi que le fait que les sanctions prononcées demeurent quasi inexistantes. La Cour met également en évidence l'existence de signaux concrets d'anomalies, notamment plusieurs centaines de suspicions d'écarts dans le secteur photovoltaïque, sans qu'il soit possible d'en tirer une évaluation globale ni d'en connaître les suites effectives. Dans ce contexte et alors même que l'absence de données consolidées est explicitement identifiée comme une défaillance majeure du pilotage public, elle lui demande de bien vouloir indiquer, de manière précise et exhaustive : le nombre total de contrôles réalisés annuellement depuis 2020 sur les installations bénéficiant de ces dispositifs, ainsi que leur taux de couverture ; le nombre d'irrégularités, anomalies ou fraudes détectées sur la même période, en distinguant leur nature et leur gravité ; le montant total des aides indûment versées identifié à ce jour, ainsi que les montants effectivement recouvrés et ceux restant à recouvrer ; le nombre de sanctions administratives ou contentieuses effectivement prononcées, ainsi que leur typologie ; les délais moyens de traitement des signalements d'anomalies par les services de l'État. Elle lui demande également de préciser selon quel calendrier l'État entend se doter d'un dispositif national consolidé de suivi des contrôles, des fraudes et des sanctions et si ce dispositif donnera lieu à une publication régulière, afin d'assurer une information transparente du Parlement au regard des enjeux financiers en cause.
Tri
Depuis 2019, la DGCCRF a mis en place un plan de surveillance pluriannuel renforcé pour lutter contre la fraude dans le secteur de la rénovation énergétique. Le nombre d établissements contrôlés n a ainsi cessé de croitre depuis cette date : en 2024, il s élevait à 984, en hausse de 20% par rapport à 2023. Ces établissements sont ciblés parmi l'ensemble des entreprises proposant des travaux de rénovation énergétique aux consommateurs, en fonction du risque que leurs pratiques représentent pour les consommateurs. Aussi, bien que les enquêtes menées peuvent dévoiler des fraudes aux dispositifs de financement aux énergies renouvelables, la DGCCRF ne contrôle pas directement ce dispositif dont la réglementation est édictée par la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) et dont le public cible est plus large que les seuls consommateurs. La priorité accordée aux enquêtes réalisées dans ce secteur a été réaffirmée en 2025 par la mise en place du plan national d'action de la DGCCRF, dont un des volets vise la lutte contre la fraude dans le secteur de la rénovation énergétique des logements. Son objectif est d'identifier les éventuels freins existants aux enquêtes et de maximiser l'impact de l'action des agents CCRF pour endiguer les pratiques frauduleuses et mieux appréhender l'écosystème frauduleux à l'origine des préjudices économiques les plus importants. Dans ce cadre, une méthodologie de calcul des sommes indûment perçues grâce aux fraudes a pu être définie et mise à disposition des enquêteurs. Elle est par ailleurs régulièrement présentée pendant les sessions de formation proposées annuellement aux agents de la DGCCRF. Ces travaux ont permis de mettre en lumière la nette contribution de la DGCCRF à la lutte contre la fraude aux finances publiques dans le secteur de la rénovation énergétique des logements. Au total, la DGCCRF a permis la saisie pénale de près de 10 millions d'euros et a prononcé pour 1,5 millions d'amendes administratives en 2024. Le montant total du préjudice économique des dossiers d'enquête ayant donné lieu à des suites répressives (procès-verbaux pénaux ou articles 40) peut être évalué à 131 millions d'euros, par inférence statistique. Cela représente un effet de levier considérable compte tenu des effectifs consacrés à la rénovation énergétique au niveau de la DGCCRF, à savoir 52 ETP. Ce montant constitue toutefois toujours un minorant important, en raison du ciblage effectué. Aussi, il faut ajouter aux montants estimés grâce aux contrôlés réalisés par les agents CCRF le potentiel de fraude déterminé par toutes les administrations intervenant dans le secteur. Ainsi, selon Tracfin, le potentiel de fraude annuel sur l'ensemble des aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov et CEE) est estimé à 100 millions d'euros. Par ailleurs, en 2025, c'est près de 21.439 dossiers qui ont été détectés par l'ANAH comme relevant d'une tentative de fraude, représentant un montant total de 174 millions d'euros de fraudes évitées. Toutefois, certains modes opératoires frauduleux ont été détectés a posteriori. La fraude subie et le montant effectivement identifié - des aides versées sur des schémas de fraudes établis - s'élèvent ainsi à 85 millions d'euros depuis 2020, soit 0,4% des 19,2 milliards d'euros d'aides distribuées sur cette période. Les contrôles réalisés par le PNCEE sont également significatifs. En effet, en 2024, les sanctions prononcées s'élèvent à 2.97 TWH "cumac" annulés et 8,9 millions d'euros d'amende. Ces sanctions font suite aux divers contrôles diligentés par le PNCEE : contrôles après délivrance des CEE, contrôles avant délivrance des CEE (réalisés notamment suite à l'envoi par publipostage de questionnaires aux bénéficiaires pour identifier les dossiers frauduleux en ce qui concerne les rénovations globales). Les campagnes des contrôles menées par le PNCEE en 2024 reposent principalement sur une approche fondée sur le risque, en s'appuyant sur les fiches à risque et sur les signalements des bénéficiaires (près de 800) sous forme de plaintes, ainsi que sur l'exploitation des droits de communication (près de 180) des administrations partenaires telles que la DGFIP, la DGCCRF ou encore les services de police. Depuis 2024, l'article L. 222-2-1 du code de l'énergie permet au PNCEE d'imposer le plan de contrôles et corrections, ce qui accélère le traitement et la clôture des contrôles. Le projet de loi visant à lutter contre la fraude, adopté en juin dernier, permet également de mettre en oeuvre de nouvelles modalités de contrôle. L'investissement croissant des agents CCRF dans le secteur reflète largement l'investissement et l'engagement de tout le gouvernement sur cette question.
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