Serge Papin,
Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat •
5 mai 2026En l'état du droit actuel, les périodes et la durée des soldes sont encadrés par le code de commerce. En effet, L'article L. 310-3 de ce code instaure deux périodes de soldes par an, dont la durée ne peut être inférieure à trois semaines ni excéder six semaines. Il renvoie également à un arrêté du ministre chargé de l'économie, le soin de déterminer la date et les heures de début et de fin de soldes. Ainsi, un arrêté du 27 mai 2019 prévoit que « les soldes d'hiver débutent le deuxième mercredi du mois de janvier à 8 heures du matin », cette date étant avancée « au premier mercredi du mois de janvier lorsque le deuxième mercredi intervient après le 12 du mois ». En raison des enjeux concurrentiels, ce calendrier s'applique sur l'ensemble du territoire national pour toutes les soldes, quel que soit le secteur ou la marchandise concerné. Toutefois, l'article L.310-3 offre au ministre de l'économie, la possibilité de fixer des dates différentes de soldes dans certains départements pour tenir compte d'une forte saisonnalité des ventes ou bien d'opérations commerciales menées dans des régions frontalières. Une dérogation au calendrier des soldes d'hiver a été mise en place dans des départements ultra-marins ou dans certains départements de la région Grand-Est. Depuis la réforme issue de la loi PACTE (plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) du 22 mai 2019, de nouvelles réflexions ont été menées sur l'évolution de la règlementation des soldes, dans le cadre desquels plusieurs acteurs du commerce ont été associés, tels que la fédération nationale de l'habillement et le Conseil national du commerce. Toutefois, ces travaux ont démontré une absence de consensus sur une évolution du calendrier, malgré un constat partagé sur l'incidence du changement climatique. En effet, si le décalage des dates des soldes est souhaité par certains commerçants du secteur de l'habillement et par les commerces indépendants, les enseignes nationales sont, au contraire, favorables à un maintien des dates actuelles. En l'absence de volonté commune, le Gouvernement entend donc maintenir le cadre actuel. Concernant plus particulièrement, le commerce de proximité, le Gouvernement rappelle son attachement au développement de politiques publiques en faveur des petits commerces. En complément des mesures sur le bail commercial contenues dans le projet de loi de simplification afin de limiter les sorties importantes de trésorerie des commerçants-locataires (la mensualisation du loyer, le plafonnement du dépôt de garantie), d'autres actions ont été entreprises. En effet, à la suite de la remise du rapport sur l'avenir du commerce de proximité en novembre dernier, le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat, a décliné un plan d'action qui comprend neuf mesures visant à redynamiser ces commerces, axées autour du financement de projets de revitalisation et des managers de commerces, de l'accompagnement des commerces et des collectivités (renforcement de la lutte contre la vacance commerciale, déploiement de la Charte « Ville Commerçante » à l'échelle nationale, structuration d'un volet commerce dans les programmes « Action cœur de ville » et « Petite ville de demain ») mais aussi du développement des entreprises (aide à la création de petites entreprises dans les territoires fragilisés, lancement de l'expérimentation « Made in Local »). Ce plan d'action est actuellement en cours de déploiement.