Édouard Geffray,
Ministère de l’éducation nationale •
28 oct. 2025Le budget de l'éducation nationale reste le premier budget de la Nation. Les moyens en emplois pour la rentrée 2025 ont été fortement réévalués par rapport au projet de loi de finances déposé en octobre 2024, afin de répondre aux enjeux du système éducatif. Ainsi, le Gouvernement prévoit un maintien global des emplois d'enseignants et la création de 2 000 postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap. Ce maintien global des moyens d'enseignement s'inscrit dans la perspective d'une année scolaire 2025-2026 qui sera à nouveau marquée par une diminution forte du nombre d'élèves de l'ordre de 92 700, poursuivant une tendance démographique observée depuis plusieurs années. Il est prévu une baisse de 80 800 élèves dans le premier degré public et de près de 11 900 élèves dans le second degré public. L'amélioration des taux d'encadrement se poursuivra donc en 2025 dans le premier degré public grâce à des suppressions de postes limitées à 470 emplois : le nombre d'élèves par classe va ainsi atteindre son plus bas niveau historique à moins de 21,1 élèves par classe en moyenne à la rentrée scolaire 2025 alors qu'il accueillait 23,2 élèves par classe en moyenne en 2017. La carte scolaire est avant tout un instrument de politique éducative que l'éducation nationale mobilise pour s'adapter à la réalité de nos territoires en constante évolution. C'est donc un travail continu qui est mené avec l'ensemble des parties prenantes de ces territoires pour que chaque élève dispose des meilleures conditions d'enseignement possibles. Il convient de préciser que d'une manière générale, les travaux de préparation donnent lieu à de nombreux échanges avec les élus locaux et ont lieu sur la base d'une appréciation fine et objective de la situation de chaque école et des spécificités de chaque territoire. Ce processus, initié dès septembre, se poursuit jusqu'à la rentrée scolaire suivante dans un dialogue continu avec les élus et un suivi très attentif des évolutions éventuelles d'effectifs. La répartition des moyens dans le premier degré tient notamment compte des critères territoriaux et sociaux de chaque académie, département, puis de chaque circonscription et de chaque école. À la maille la plus fine, celle de l'école, les temps de transport des élèves sont également pris en compte. Pour mieux répondre aux préoccupations exprimées par les élus locaux, en 2024, le dialogue et la coordination ont été renforcés en amont des conseils départementaux de l'éducation nationale (CDEN), dans le cadre de l'observatoire des dynamiques rurales, instance d'échange mise en place dans ces territoires pour donner de la visibilité sur les évolutions démographiques et en partager les implications potentielles pour la structure des écoles, dans une logique pluriannuelle. La préparation de la rentrée scolaire en Gironde fait l'objet d'un dialogue nourri et constructif avec les organisations syndicales représentatives des personnels enseignants et l'ensemble des partenaires, jusqu'à la rentrée scolaire. Dans ce cadre de carte scolaire, un groupe de travail a été mis en place afin d'objectiver la situation de chaque école du département. Le projet de carte scolaire découle de ces échanges, et les arbitrages réalisés visent à accompagner chaque élève dans son parcours de réussite scolaire. À l'échelle du département, 105 suppressions de classes sont envisagées. Pour rappel, une baisse de 1 707 élèves est attendue dans le premier degré en Gironde à la rentrée 2025, avec des disparités selon les territoires. Parallèlement, d'importants programmes immobiliers sont livrés, notamment dans les communes urbaines de Bordeaux, Floirac et Bruges, impactant des écoles en éducation prioritaire. Les mesures de carte scolaire proposées reposent sur les prévisions d'effectifs et les moyens alloués au département, en s'appuyant sur un principe d'équité territoriale. Huit communes concernées par un retrait avaient bénéficié d'une mesure de sauvegarde à la rentrée 2024. La Gironde porte une attention particulière aux écoles rurales, comme en témoigne la diminution du taux d'encadrement dans ces établissements (hors éducation prioritaire) avec 21,66 élèves par classe en rural éloigné et périphérique à la rentrée 2024, contre 22,06 en moyenne départementale. La baisse démographique est un constat partagé lors des réunions annuelles avec les élus pour chaque arrondissement. Depuis février 2024, une réflexion est engagée dans le cadre de l'observatoire des dynamiques rurales, autour de l'évolution du maillage scolaire en milieu rural, afin d'assurer les meilleures conditions d'apprentissage aux élèves et les meilleures conditions d'enseignement aux équipes pédagogiques.