Édouard Geffray,
Ministère de l’éducation nationale •
18 nov. 2025Les préoccupations exprimées sur le bien-être et le développement équilibré des élèves face à l'usage grandissant des écrans sont pleinement partagées. C'est dans cet esprit que le ministère chargé de l'éducation nationale promeut un usage raisonné du numérique à l'École, inscrit dans une démarche progressive, adaptée à chaque étape de la scolarité. En tant que support pédagogique, les outils numériques peuvent utilement concourir aux apprentissages et à l'acquisition de connaissances et de compétences. Ainsi, leur usage raisonné participe à la formation des élèves et à l'éducation à la citoyenneté. A contrario, une utilisation prolongée des écrans peut avoir des effets néfastes, particulièrement chez les plus jeunes, sur leur santé, leur bien-être, leur concentration, le développement de leur esprit critique ou encore leur socialisation. Il importe donc d'apporter à la communauté éducative un cadre de protection et des mesures adaptées au contexte scolaire, dans la continuité des travaux engagés avec la publication de la charte pour l'éducation à la culture et à la citoyenneté numériques ainsi que celle du cadre d'usage de l'intelligence artificielle (IA) en éducation. Dans l'exercice de leur liberté pédagogique, les enseignants sélectionnent les outils les plus adaptés aux finalités d'enseignement et d'apprentissage déterminés par les programmes. S'agissant des outils numériques à proprement parler, le ministère prône la nécessité de bien identifier les potentialités pédagogiques et les plus-values didactiques réelles du numérique utilisées en contexte scolaire. Plusieurs actions concrètes sont par ailleurs mises en œuvre pour limiter l'exposition aux écrans. Tout d'abord, concernant la formation des élèves : l'École joue un rôle essentiel dans l'usage responsable des outils numériques par les élèves. Elle contribue, grâce notamment à l'éducation aux médias et à la l'information, à la construction de leur citoyenneté numérique en permettant le développement de leur esprit critique et la lutte contre la désinformation. Par ailleurs, des repères de référence pour un usage raisonné du numérique à l'école, au collège et au lycée, inspiré des recommandations scientifiques sera prochainement diffusé pour préciser les recommandations et modalités d'usage du numérique, notamment en classe, selon les tranches d'âge. Ensuite, suivant les recommandations du rapport « Enfants et écrans – À la recherche du temps perdu » et de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche, toute diffusion de nouvelles informations (notes, devoirs, messages, etc.) entre les personnels d'enseignement et d'éducation, les élèves et leur famille, dans les environnements numériques de travail (ENT) et les logiciels de vie scolaire, sera suspendue le soir et en fin de semaine. L'accès en consultation restera possible. Le ministère travaille avec les éditeurs de solutions d'ENT ou de vie scolaire pour mettre en place ces paramétrages et les activer par défaut dès la rentrée prochaine et au plus tard pour la rentrée scolaire 2026. Ils seront rendus juridiquement obligatoires au travers de la doctrine technique du numérique pour l'éducation, mise à jour en conséquence pour la rentrée 2025. Dans la même logique, le ministère déploie, en lien avec les départements, le dispositif « Portable en pause », qui généralise l'expérimentation de la « pause numérique » dans tous les collèges, visant à garantir la mise à l'écart effective des téléphones portables et objets connectés, avec des effets déjà observés sur le climat scolaire et la concentration des élèves. Dans les lycées, une réflexion sera engagée avec la communauté éducative sur la place du numérique et des smartphones, dans le cadre des projets d'établissement. Enfin, des actions de sensibilisation des familles seront menées, notamment lors des réunions de rentrée, afin d'accompagner les parents dans la prévention des mésusages du numérique dans la sphère privée. Concernant les coûts liés à l'équipement numérique, le ministère est attentif à la nécessité d'une gestion rigoureuse et équitable des investissements publics. Le financement du numérique éducatif relève de prérogatives partagées entre l'État et les collectivités territoriales. Aux côtés de plans nationaux d'impulsion cofinancés, la gestion des parcs informatiques est du ressort des seules collectivités. Le ministère mesure l'intérêt de la réalisation d'un rapport sur les dépenses engagées depuis cinq ans par l'État et les collectivités territoriales. En effet, la complexité inhérente à ce domaine gagnerait à faire l'objet d'un examen attentif, en lien avec les ministères et les instances concernés dans une logique d'efficience budgétaire.