Gérald Darmanin,
Ministère de la justice •
26 mai 2026Le ministère de la Justice poursuit son engagement afin d'améliorer les conditions de travail des personnels pénitentiaires, ainsi que les conditions de détention des personnes détenues. Le programme immobilier pénitentiaire lancé en 2018 prévoyait initialement la livraison de 15 000 places supplémentaires pour 2027. A ce jour, 25 établissements ont été livrés pour un total de 7 504 places brutes, soit 5 531 places nettes créées. Trois établissements sont actuellement en cours de travaux et livreront 830 places nettes dès 2026. Il s'agit du centre pénitentiaire (CP) de Bordeaux-Gradignan, de l'InSERRE d'Arras et du CP d'Entraigues-Comtat-Venaissin. En 2028, trois projets supplémentaires prendront fin : l'extension du CP de Baie-Mahault, la reconstruction de la maison d'arrêt de Basse-Terre et l'extension du CP de Seine-Saint-Denis. Ces opérations créeront un total de 1 077 places nettes. Enfin, le CP de Saint-Laurent-du-Maroni ouvrira en 2029 avec 495 places nettes supplémentaires. Pour accélérer le processus de création de places de prisons, le ministère de la Justice a lancé en juillet et septembre 2025 deux appels d'offres pour la construction de 3 000 places modulaires. Construites sur des fonciers pénitentiaires existants, ces nouveaux établissements auront une capacité de 50 à 200 places. A la différence des établissements pénitentiaires classiques, ces nouvelles structures seront préfabriquées en usine et assemblées sur place, selon un cahier des charges simplifié. Les délais de livraison seront considérablement réduits, passant de sept ans à 18 mois. Pour un prix deux fois moins élevé, ils garantissent les mêmes standards de solidité et de fonctionnement à l'usage que les constructions classiques. Concernant le premier appel d'offre portant sur des places de semi-liberté, en novembre 2025, trois candidats partenaires ont été sélectionnés. Une phase de recherche et de développement d'une durée de six mois est actuellement en cours. Elle doit permettre aux candidats de réaliser l'étude et l'exécution d'un prototype, avec les premières livraisons début 2027. En parallèle, la direction de l'administration pénitentiaire, particulièrement vigilante au désencombrement des établissements les plus suroccupés, continue d'appliquer une politique volontariste d'orientation des personnes détenues, y compris à faible reliquat de peine, vers les établissements pour peine. Cette politique produit des résultats significatifs puisqu'au 1er février 2026, le taux d'occupation des quartiers centre de détention (QCD) et des CD s'élevait à 99,5 %, alors qu'au 1er octobre 2020 il était de 87 %. En outre, les concertations des directions interrégionales des services pénitentiaires avec l'autorité judiciaire se densifient afin de renforcer l'usage des mesures de surveillance électroniques et du placement extérieur. Un dialogue est également mené au sujet des critères liés aux réductions de peine et aux libérations sous contrainte de plein droit. Les preuves suffisantes de bonne conduite et les efforts sérieux de réinsertion doivent être en effet discutés au niveau local, afin que les éléments portés à la connaissance des juges de l'application des peines correspondent à leurs attentes et aux spécificités des situations pénitentiaires locales.