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🧭Gouvernement Lecornu II
Sébastien Lecornu
, Premier ministre
Laurent Nunez
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère des armées et des anciens combattants
Jean-Pierre Farandou
, Ministère du travail et des solidarités
Monique Barbut
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Roland Lescure
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Serge Papin
, Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire

Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture
Stéphanie Rist
, Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Catherine Pégard
, Ministère de la culture
Naïma Moutchou
, Ministère des outre-mer
Françoise Gatel
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Amélie de Montchalin
, Ministère de l'action et des comptes publics
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics
Philippe Baptiste
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Marina Ferrari
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Philippe Tabarot
, Ministère des transports
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement
💬Fermetures de classes
Dorine Bregman
15 avr. 2026enseignement


Mme la présidente . Avant de lui donner la parole, je suis heureuse de souhaiter, en votre nom à tous, la bienvenue à Mme Dorine Bregman, devenue le 10 avril députée de la 7e circonscription de Paris. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Mme Dorine Bregman . Merci, madame la présidente. J'ai l'honneur de poser ma première question au gouvernement et j'en remercie mon groupe.

Monsieur le ministre de l'éducation nationale, ma collègue Chantal Jourdan vous a interrogé il y a quinze jours ; le président de notre groupe vous a envoyé un courrier, resté sans réponse ;…

M. Boris Vallaud . Tout à fait !

Mme Dorine Bregman . …tous les élus socialistes se mobilisent auprès des communautés éducatives dans leur territoire. Face à votre obstination à supprimer 4 000 postes d'enseignants à la prochaine rentrée, nous ne lâcherons rien et nous continuerons à dénoncer votre casse de l'école publique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)

Concrètement, ces suppressions de postes sont autant de fermetures d'écoles, de baisses de dotations horaires globales, de fins de certains enseignements, de manques d'accompagnement pour les élèves les plus en difficultés, donc d'attaques envers l'école publique, partout sur le territoire – en ruralité, dans les quartiers prioritaires, les pays des océans, comme en milieu urbain – et ainsi envers notre société tout entière.

Je prends l'exemple d'une école de ma circonscription, dans le 11e arrondissement de Paris. L'État annonce un effectif de 155 élèves, qui ne correspond pas à la réalité et ne prend pas en compte les dernières inscriptions : finalement, vingt et un élèves de plus y feront leur rentrée. Pourtant, vous avez été alerté, monsieur le ministre – par la directrice, les parents d'élèves, la Ville de Paris.

Vingt et un élèves, c'est une classe entière. Une classe que vous choisissez d'ignorer, au mépris de la qualité de l'enseignement et du bien-être des enfants. Comment justifiez-vous une telle sous-évaluation ? Comment pouvez-vous fermer une classe dans cette école, parmi tant d'autres, alors que vos services sont parfaitement informés ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) Cette décision n'est pas seulement injuste, elle est incohérente, dangereuse pour l'avenir des élèves et inacceptable pour les familles. Nos enfants méritent mieux que des calculs erronés et des portes qui se ferment.

Plutôt que de redonner du souffle à l'école publique, vous choisissez de l'affaiblir ;…

M. Boris Vallaud . Exactement !

Mme Dorine Bregman . …plutôt que d'investir dans notre jeunesse, vous choisissez de la sacrifier. Vous rompez ainsi avec la promesse républicaine d'accueillir et d'émanciper toutes et tous. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale . Je vous présente mes vœux pour votre nouveau mandat.

Vous avez souligné la situation démographique en général et celle de Paris en particulier. Je vous le dis pour la première fois, mais je le répète depuis plusieurs semaines : nous sommes dans une situation démographique générale alarmante. J'ai fait établir et publier des projections qui montrent que dans les dix prochaines années, nous perdrons 1,7 million d'élèves sur les 11,8 millions que compte notre pays.

Si on examine la situation à Paris, on constate une baisse de 20 % du nombre d'élèves en huit ans, et on estime à 30 % la baisse supplémentaire d'ici à 2035. Autrement dit, Paris aura perdu quasiment 45 % de ses élèves en quinze ans. C'est la réalité.

Nous essayons à la fois de tenir compte de la situation démographique et de diminuer le nombre d'élèves par classe. À Paris, pour rester sur le même exemple, il est passé, en l'espace de quelques années, de 23,7 élèves par classe à 20,1.

M. Erwan Balanant . 20,1 !

M. Édouard Geffray, ministre . Le taux d'encadrement dans l'académie de Paris est donc l'un des plus élevés.

M. Ian Boucard . Les Parisiens sont favorisés ! Ce n'est pas normal !

M. Édouard Geffray, ministre . S'agissant de l'exemple précis que vous avez évoqué, dans le cadre de la nouvelle carte scolaire des fermetures ont été annoncées – ainsi que des ouvertures, ne l'oublions pas. À ma demande, le conseil départemental de l'éducation nationale est revenu, après évaluation, sur une quinzaine de fermetures.

M. Pierre Cordier . Le conseil ne sert plus à rien !

M. Édouard Geffray, ministre . S'il s'avère que les calculs comportent des erreurs ou que de nouvelles inscriptions ont fait suite à des déménagements, il sera toujours possible de faire des ajustements, aux mois de juin et d'août, pour ouvrir des classes là où c'est nécessaire – y compris dans l'exemple que vous avez évoqué. Si besoin, nous le ferons. Mais n'oublions pas que nous subissons une chute démographique majeure, en particulier à Paris. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

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