💬Industrie du plastiqueMme la présidente. La parole est à M. Jérôme Buisson.
M. Jérôme Buisson. La Plastics Vallée traverse une crise inédite. Ce territoire, qui représente 15 600 emplois et 2,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, est le premier pôle européen de la plasturgie. Pourtant, il est au bord de l'effondrement. La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz ont provoqué une hausse de 50 % des prix des matières premières, avec des conséquences immédiates et brutales. Billion, fleuron historique de la région, a dû licencier 62 salariés sur 109 et cesser la fabrication de ses presses à injecter, un savoir-faire unique en France. Utz, Francia et d'autres entreprises ont quant à elles mis fin à leur activité ou réduit leur production de moitié. Les stocks s'épuisent, les délais s'allongent et certains fournisseurs profitent de la pénurie pour spéculer. Cette crise, la pire depuis des décennies, ne menace pas seulement l'équilibre économique de l'Ain, mais la souveraineté industrielle de la France dans un secteur stratégique.
Alors, où est l'État ? Avec mon collègue Marc Chavent, nous souhaitons savoir quelles mesures d'urgence le gouvernement a prévu pour sécuriser les approvisionnements, soutenir la trésorerie des PME asphyxiées et protéger l'emploi dans cette filière vitale. À ce jour, aucune réponse concrète n'a été apportée. Le mirage de la réindustrialisation tant vantée par le gouvernement se heurte à la réalité d'une crise économique qui s'annonce dévastatrice. Après le textile, la sidérurgie et l'automobile, laisserez-vous tomber une nouvelle filière industrielle française ? Les professionnels de la Plastics Vallée attendent des actes, pas des promesses. Quelles actions concrètes comptez-vous engager pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement et éviter les pénuries ? Comment allez-vous soutenir la trésorerie des entreprises du secteur, au bord de l'asphyxie ? Que ferez-vous pour préserver l'emploi dans un écosystème unique en Europe ? Cette filière, c'est la France qui innove et qui résiste. Elle a besoin de vous. Agissez avant qu'il ne soit trop tard !
(Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l'énergie.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l'énergie. Je vous prie d'excuser mon collègue Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'industrie, que je représente aujourd'hui.
Vous avez raison, les tensions au Moyen-Orient ont des conséquences directes sur la filière plasturgie, en raison tout d'abord du coût de certains intrants comme le polyéthylène et le polypropylène. Ce coût a augmenté entre 70 % et 130 %, sous l'effet de la hausse du prix du gaz notamment, le prix du gaz étant lui-même passé de 35 euros par mégawattheure en moyenne l'année dernière à 47 euros le mégawattheure ce matin. Il s'agit d'une hausse importante et, je me permets de le dire, sans commune mesure avec ce que nous avons connu en 2022 et en 2023. Cette évolution n'a pas déstabilisé les installations de production uniquement en France et a touché plusieurs autres usines européennes. Le sujet a immédiatement été suivi par Sébastien Martin, qui a réuni les représentants de la filière le 13 avril dernier.
Sur cet enjeu de solidarité industrielle, nous voulons faire passer un message simple : les plasturgistes français ne peuvent pas absorber seuls les hausses de coûts, notamment de production. Le médiateur des entreprises a donc été mobilisé et tout a été fait pour accompagner les discussions avec les grands donneurs d'ordre de l'automobile et de l'emballage. L'objectif est de répercuter la hausse des coûts de production, en particulier celle du prix du gaz. Le ministre veillera bien entendu attentivement à l'évolution de la situation.
Mme la présidente. La parole est à M. Jérôme Buisson.
M. Jérôme Buisson. Il y a trente-six ans, un artiste chantait : « Le plastique, c'est fantastique ! » Il serait regrettable que du fait de votre lenteur, on chante bientôt : « Le plastique, c'est dramatique ! »
(Rires et applaudissements sur les bancs du groupe RN.)