Eric LiégeonJe souhaite interroger le ministre de l'action et des comptes publics sur la possibilité d'élargir le versement de l'indemnité de résidence spécifique des fonctionnaires aux agents publics du Doubs. L'indemnité de résidence a pour but de compenser les disparités du coût de la vie des fonctionnaires selon les zones géographiques. En fonction des communes, elle varie de 1 à 3 % du traitement indiciaire.
Par décret du 12 décembre 2023, le gouvernement a instauré une indemnité de résidence spécifique au taux maximal de 3 % pour les agents publics exerçant dans soixante et une communes de l'Ain et de la Haute-Savoie, au motif de fortes tensions sur le marché immobilier local, du fait de la proximité de l'agglomération genevoise. Ce dispositif a été étendu à plusieurs reprises, en 2024 et en 2025, à d'autres communes de ces deux départements, confirmant une volonté politique assumée de soutenir ces territoires. Cependant, alors qu'il est frontalier au même titre que la Haute-Savoie et l'Ain et se trouve soumis aux mêmes pressions économiques, immobilières et salariales du fait de la proximité de la Suisse, le département du Doubs demeure exclu de ce dispositif.
Cette exclusion est d'autant moins compréhensible que les difficultés de recrutement dans la fonction publique sont tout aussi grandes dans ce département, surtout dans le Haut-Doubs. Je pense en particulier aux territoires du Grand Pontarlier et du Val de Morteau, où les coûts de la vie, du logement et de la construction sont très élevés et où la concurrence du marché du travail frontalier fragilise fortement l'attractivité des emplois publics, notamment dans les établissements de santé. L'équipe de direction de l'Ehpad du Larmont, situé à Pontarlier, me confiait récemment avoir été contrainte de fermer douze lits par manque de personnel soignant.
Le choix d'exclure le département du Doubs du champ de ce décret interroge. Il crée une rupture d'égalité avec des agents publics placés dans des situations comparables et alimente un sentiment d'abandon dans des territoires déjà sous tension. Des échanges avec les précédents ministres de la fonction publique ont semblé préfigurer une inflexion et annoncer le versement de l'indemnité majorée aux agents publics des communes du Doubs. Le gouvernement entend-il corriger cette disparité territoriale et faire cesser cette inégalité de traitement entre territoires frontaliers en étendant le bénéfice de l'indemnité de résidence majorée à ces fonctionnaires ?