Stéphanie Rist,
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées •
10 mars 2026La crise du COVID-19 a mis en exergue voire accentué les problématiques de santé mentale des Français, notamment chez les plus jeunes : hausse des passages aux urgences pour idéations et troubles suicidaires, hausse du nombre de cas plus sévères se présentant dans les services de pédopsychiatrie mais aussi dans les maisons des adolescents, hausse des états dépressifs, etc. Le contexte de la crise sanitaire a aussi mis en lumière les difficultés que connaît la pédopsychiatrie depuis plusieurs années. Les établissements de santé peinent à répondre à la hausse des demandes de soins en psychiatrie, les délais d'accès aux soins sont importants. De plus, des inégalités démographiques persistent, certains territoires étant dépourvus de personnel, notamment de pédopsychiatres. Afin de répondre à ces problématiques, la santé mentale a été érigée en grande cause nationale 2025 et la santé mentale des enfants et des jeunes en est l'un des axes forts. L'objectif est de capitaliser aussi sur tous les travaux menés depuis 2018 (feuille de route santé mentale et psychiatrie, enrichie des mesures des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie de septembre 2021 et des Assises de la pédiatrie et de la santé de l'enfant de mai 2024 et plus récemment des Assises de la santé scolaire). Dans le cadre de la grande cause nationale, le ministère de la santé et de l'accès aux soins a réaffirmé son engagement pour la santé mentale des jeunes, au travers notamment du plan psychiatrie présenté le 11 juin 2025, à l'occasion du comité stratégique de la feuille de route santé mentale et psychiatrie. Ce plan, qui s'articule autour de trois axes et 26 mesures, a pour ambition de mieux repérer, mieux soigner et mieux accompagner afin de ne plus laisser la souffrance psychique sans réponse. Au-delà de l'hôpital, ce plan implique l'école, les médecins généralistes, les centres médico-psychologiques et les soignants du quotidien. La détection précoce des troubles psychiques est au cœur du plan. Les jeunes notamment émettent souvent des signes de mal-être insuffisamment repérés et plusieurs mesures seront prises pour permettre un repérage et une prise en charge précoce. Par ailleurs, le plan veut faire de la psychiatrie une offre de soins lisible, graduée et accessible, pour tous les publics. Enfin, le plan entend répondre à la crise structurelle de la psychiatrie publique en revoyant la formation, le recrutement et la coordination des acteurs. L'ensemble des directions d'administration concernées, coordonnées par la délégation ministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, travaille dès à présent à la mise en œuvre de ce plan ambitieux.