Sébastien Martin,
Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie •
16 déc. 2025Le repli du chiffre d'affaires dans l'industrie du Grand Est (- 5,5 %) en 2024 est en lien avec une demande à la baisse. Les filières industrielles évoluent de manière contrastée : alors que celle des matériels de transport – et en particulier l'automobile – subit un net recul, l'agroalimentaire se stabilise. La spécialisation de la région dans des filières industrielles qui sont en difficulté en raison du contexte économique dégradé explique ainsi ce repli. Les exportations diminuent légèrement, à l'exception de la chimie, de la pharmacie et des équipements électriques. Dans ce dernier secteur, la dynamique reste favorable puisque la fabrication d'équipements électriques continue de recruter. Les investissements reculent dans l'ensemble de l'industrie, à l'exception notable des matériels de transport où ils progressent encore. Les acteurs industriels de tous les secteurs prévoient pour 2025 une augmentation moyenne du chiffre d'affaires de 1,7 %, portée par de fortes anticipations d'activité dans les équipements électroniques et par des perspectives d'exportation particulièrement favorables pour les matériels de transport. Dans le Grand Est, le chômage repart à la baisse en 2024 (7,1 % ; - 0,3 point par rapport à 2023, année où il avait augmenté après avoir atteint son niveau le plus bas depuis quinze ans). Le nombre de demandeurs d'emploi diminue également. En 2024, le Grand Est enregistre 67 000 créations d'entreprises, un record depuis 25 ans, en hausse de 6,5 % sur un an, soit davantage que la moyenne nationale. Les dernières années ont été marquées par des crises conjoncturelles successives qui ont affecté le tissu productif français, et le Gouvernement a déployé des dispositifs d'aide qui ont permis aux entreprises de faire preuve de résilience : fonds de solidarité, prêts garantis par l'État, activité partielle puis plan de relance pour la crise de la Covid ; bouclier tarifaire, guichet d'aide électricité et abaissement des accises énergétiques pendant la crise de l'énergie. Une politique structurelle a été menée depuis 2017 pour améliorer significativement la compétitivité des entreprises, en particulier industrielles. Des efforts considérables ont été entrepris depuis une dizaine d'années pour contenir la progression du coût du travail en France face à nos partenaires européens, avec des mesures fortes en faveur de la compétitivité depuis 2017 telles que la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi en un allègement de cotisations sociales employeur, et un allègement supplémentaire de cotisations sociales de 4 points au niveau du SMIC a été mis en place. Au troisième trimestre 2024, le coût horaire du travail manufacturier en France est ainsi inférieur de 3,2 % à celui de l'Allemagne. Une politique résolue de réduction de la fiscalité des entreprises a été mise en œuvre. Pour renforcer la compétitivité, attirer des investissements en France et s'aligner sur la moyenne de l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le taux normal de l'impôt sur les sociétés a été baissé progressivement de 33,3 % en 2017 à 25,0 % en 2022. Concernant les impôts de production, il a été décidé dans le cade de France Relance de baisser la fiscalité de la production de plus de 10 Md€ pour les entreprises. Des moyens conséquents ont également été déployés pour soutenir la capacité d'innovation des entreprises industrielles. La mise en œuvre en 2021 du plan France 2030, qui intègre le 4ème programme d'investissements d'avenir (PIA4), a notamment renforcé le soutien dirigé au sein de la politique industrielle. En 2024, près de 480 projets ont ainsi été financés pour un montant proche de 1 Md€ dans la région Grand Est. Le PLF2026 prévoit de poursuivre cet effort en soutien de l'industrie via notamment la prolongation du C3IV pour favoriser l'implantation d'usines nouvelles ainsi que par la reprise de la baisse de la CVAE.