Le règlement (UE) 2016/2031 relatif à la santé des végétaux qui entrera en application le 14 décembre 2019 ne s'appliquera pas aux départements et régions d'outre-mer (DROM), puisque les conditions agro-climatiques qui y règnent sont totalement différentes de celles de la partie continentale de l'Union européenne (UE). En ce qui concerne les végétaux introduits dans les DROM, ceci présente l'avantage de laisser toute latitude aux autorités françaises de mettre en place un dispositif qui permettra de protéger au mieux leur agriculture et leur environnement. Ce sujet revêt une importance particulière à La Réunion compte tenu de la fragilité de l'équilibre agro-environnemental insulaire. Dans cette perspective, avec l'appui scientifique des experts des cultures tropicales de l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, la direction générale de l'alimentation (DGAL) travaille actuellement à modifier le code rural et de la pêche maritime en vue de mettre en place en 2019 un référentiel législatif et réglementaire spécifique aux DROM qui s'appliquera à tous les végétaux introduits sur leur territoire, qu'ils proviennent d'un pays tiers ou de l'UE continentale. En ce qui concerne les végétaux frais expédiés des DROM vers l'UE continentale, le règlement (UE) 2016/2031 prévoit effectivement la mise en place de contrôles phytosanitaires lors de leur introduction : en effet, certains organismes nuisibles aux végétaux présents dans les DROM sont inconnus sur le territoire de l'UE continentale et pourraient provoquer de graves dommages à l'agriculture et l'environnement en cas d'introduction. Cependant, la France restera attentive à ce que soient exemptés de contrôles les végétaux dont il est avéré qu'ils ne présentent pas de risque phytosanitaire. Ce sera le cas des fruits de banane, d'ananas, de coco, de durian et des dattes. Pour ce qui est des autres végétaux qui seront soumis à un contrôle, la DGAL veillera à la simplification de la procédure par la numérisation de sa phase administrative, en ayant recours à un système de certification électronique dont les premiers essais se dérouleront dès le premier semestre 2019 en collaboration avec les services compétents de la Commission européenne.