Brune Poirson,
Secrétariat d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire •
3 déc. 2019La capacité de production d'énergie électrique est un marqueur de l'évolution d'un pays. L'engagement marqué de la France et de l'Europe dans une transformation profonde, et mondiale, de la manière de produire et de consommer l'énergie : la transition énergétique, inscrit ainsi pleinement notre pays dans le XXIème siècle et la résolution de ses défis. La question posée s'appuie sur des idées reçues propagées sur l'éolien et plus globalement les énergies renouvelables. La France n'entend pas se séparer de son parc nucléaire à moyen terme mais bien en réduire la proportion dans la production électrique nationale, aujourd'hui à hauteur de 75 %. On parle de la diversification du mix électrique français. Cette diversification sert de nombreux objectifs et notamment une réduction de la dépendance énergétique du pays aux importations énergétiques (uranium, pétrole, gaz), le renforcement de la sécurité d'approvisionnement (éviter de reposer exclusivement sur une seule technologie), ainsi qu'une une maitrise des coûts de l'énergie. Aujourd'hui subventionnées pour pallier un prix de l'électricité faible sur le marché, les énergies renouvelables ont acquis un degré de maturité suffisant à leur viabilité sur le marché à moyen voire court terme pour le photovoltaïque. À l'inverse, le nécessaire remplacement du parc nucléaire français, arrivant en fin de vie, laisse présager des coûts futurs de production à la hausse et, selon les projections, supérieurs à ceux des énergies renouvelables. Enfin, l'électricité d'origine éolienne n'induit pas plus d'émissions de CO2 que celle d'origine nucléaire ou la mise en service de centrales thermiques. Le Gouvernement a étudié la question de l'intégration des énergies renouvelables variables et de leur impact sur l'équilibre du réseau. Ainsi, d'ici à 2035, l'intégration de nouvelles installation éoliennes et photovoltaïques ne nécessitera pas un recours accru au charbon ou au gaz, le système électrique français étant suffisamment flexible pour les accueillir.